25 octobre 2008
Une audience spéciale se tiendra le 15 décembre, au tribunal de Vannes, pour juger au moins dix personnes soupçonnées d'avoir participé
à une chaîne d'argent. Une première du genre en Bretagne.
Dans une enquête publiée le 5 mai dernier, Le Télégramme se faisait l'écho du phénomène des chaînes d'argent en Bretagne. Mais jusqu'alors, aucune procédure judiciaire n'avait abouti à des condamnations devant les tribunaux correctionnels de la région. La situation est en passe d'évoluer après l'interpellation, mercredi, de dix personnes dans l'est du Morbihan (Le Télégramme de jeudi).
À l'issue de leur garde à vue dans les brigades de gendarmerie du secteur de Ploërmel, les suspects ont été déférés, jeudi soir, devant le parquet de Vannes. Ils sont ressortis libres du palais de justice, mais avec une convocation à une audience spéciale qui se tiendra à Vannes le lundi 15 décembre, à 14 h. « L'enquête se poursuit pour identifier d'autres auteurs, ainsi que les victimes qui se trouvent en bout de ligne », indique Arnaud Marie, substitut du procureur à Vannes.
La chaîne d'argent consiste en la création d'un cercle d'initiés dont chacun des membres se doit de trouver d'autres joueurs afin d'atteindre le sommet de la pyramide et d'empocher un pactole. Les personnes lésées sont celles qui paient un droit d'entrée dans le cercle, mais ne parviennent plus à recruter de nouveaux adeptes.
« Plusieurs dizaines
de milliers d'euros »
« Les bénéfices de certains membres interpellés mercredi atteignent plusieurs dizaines de milliers d'euros. Les victimes pourraient se compter par centaines », ajoute le substitut du procureur.
« Tous se doutaient bien qu'il y avait quelque chose d'illégal dans cette pratique, mais se sentaient à l'abri après avoir entendu parler d'un prétendu vide juridique ». Pour le parquet de Vannes, les faits, qui auraient été reconnus par les intéressés, sont réprimés par les articles L 122-6 et L 122-7 du code de la consommation, figurant au chapitre des « pratiques commerciales illicites ».
Aucun des suspects n'a d'antécédent judiciaire et tous sont issus de milieux socioprofessionnels très divers. Leurs âges et leurs motivations sont « variables ». S'ils sont reconnus coupables, les dix prévenus morbihannais encourent une peine maximale d'un an d'emprisonnement et de 4.500 d'amende.
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