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Bretagne

Chaffoteaux. La lutte autrement  [La chanson]

14 septembre 2009 - 4 réactions

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Menacés de licenciements, contraints à l'inactivité puisque leurs patrons refusent de les approvisionner en pièces détachées, les salariés de l'usine Chaffoteaux, à Ploufragan (22), multiplient les initiatives susceptibles de faire parler d'eux. Inaugurant ainsi un nouveau mode de lutte.
 

> Toutes les vidéos de la lutte des Chaffoteaux

«Nos patrons pensaient peut-être que nous allions nous regarder dans le blanc des yeux ou nous manger entre nous. C'est le contraire qui s'est produit: non seulement nous sommes de plus en plus solidaires mais, en plus, ils nous ont donné la possibilité d'organiser notre lutte». Midi, ce vendredi, dans l'usine Chaffoteaux de Ploufragan. Gaëlle Boitard, 30 ans - dont huit passés dans l'entreprise -, termine sa matinée de travail. Sans avoir assemblé le moindre chauffe-eau. Car depuis un mois, les camions remplis de pièces détachés arrivent au compte-gouttes sur le site. Ainsi en ont décidé les dirigeants du groupe italien ATG (la maison mère de Chaffoteaux). Résultat, chaque matin, les ouvriers (qui ont voté la reprise du travail le 18août) enfilent leur bleu de travail avant de se diriger vers la pointeuse. Mais en sachant qu'ils ne vont rien produire. Dès lors, barricadés dans leur usine qu'ils bloquent depuis trois mois, les «Chaffoteaux» «s'occupent». Pour surmonter leur angoisse et ne pas ruminer les 204 licenciements programmés. «Nous avons tous des coups de blues, mais nous devons absolument garder le moral. Ce n'est pas le moment de baisser les bras», explique le presque quinquagénaire Rémi Pincemin, entré dans l'usine une semaine après sa majorité.

«Que les gens se souviennent de nous»

Sur le site des Châtelets, - lors des assemblées générales quotidiennes, pendant les débrayages devant l'usine ou en petit groupe autour d'une machine -, les débats se multiplient entre 8h et 16h30... et les projets prennent corps, pour médiatiser le combat. «Même si le site va sûrement fermer, nous voulons que les gens se souviennent de nous. Qu'ils gardent en mémoire que la lutte des Chaffoteaux était juste et que nous n'étions pas des casseurs», milite Gaëlle Boitard. Depuis quelques jours, la jeune femme participe à l'une de ces initiatives nées au fil des discussions entre collègues: la chanson des Chaffoteaux, coécrite avec François Budet. Selon l'auteur de «Loguivy de la Mer» - qui a vu débarquer chez lui un beau matin trois ouvriers venus lui demander son soutien -, les «Chaffoteaux» bénéficient «d'une très grande maturité politique et syndicale». «Ils ont les nerfs solides et leur combat est très contrôlé. Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est leur volonté et leur solidarité». «Les salariés de Chaffoteaux savent mieux que quiconque que l'heure est grave. Seulement, ils sont ensemble, un groupe s'est formé, une ambiance s'est créée et il n'y a pas de place pour la morosité», renchérit le photographe François Daniel qui a passé tout l'été à l'usine. Notamment pour participer à la série de cartes postales, intitulée «projet d'été se faire licencier», ainsi qu'au calendrier dans lequel plusieurs salariés ont posé dévêtus.

Les ouvriers «savent faire autre chose que visser des boulons»

«Nous menons une nouvelle sorte de lutte, mais tout ce que nous faisons a un sens», continue Gaëlle Boitard. «Et l'un des points positifs de ces actions, c'est qu'on parle de nous tout le temps», apprécie Christelle Hervé, l'une des ouvrières impliquées dans le projet de chanson. «De plus, tout ceci agace fortement nos dirigeants, car notre combat a un impact internationalet eux vendent dans le monde entier», estime la déléguée CGT Chantal Jouan. «Nous les avions pourtant avertis de notre capacité de nuisance dès le départ», poursuit son alter ego de Force ouvrière, Martial Collet, avant de conclure: «Avec tous ces projets, les salariés ont montré qu'ils savaient faire fructifier leurs idées. Qu'ils peuvent faire autre chose que visser des boulons».

  • Julien Vaillant

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«Même si le site ferme, nous voulons que les gens se souviennent de nous. Qu'ils gardent en mémoire que la lutte des Chaffoteaux était juste et que nous n'étions pas des casseurs». »

  • Gaëlle Boitard, ouvrière depuis huit ans chez

4 réactions

  • Gwenn
    Total soutien de Manon, 4 ans (et de ses parents)
    Manon s'est fait expliquer l'article paru dans le Télégramme, et hier soir, nous a annoncé qu'elle avait pensé à une chanson dans sa tête, que je n'ai fait que recopier sous la dictée : "Nous voulons pas que vous enlevez notre travail Remettez-le tout d'suite Sinon nous vous mettrons à la poubelle Et nous vous couperons les cheveux Nous vous enlèverons la tête Nous vous couperons les mains Avec un couteau pointu" Total soutien Gwenn
    Ajouté le 17 septembre 2009 à 12h38
  • midu...
    Non, ce ne sont pas des casseurs.
    Ils se défendent dignement et avec intelligence. Ils méritent d'être écoutés. Mais nous s-t-on tout dit?
    Ajouté le 14 septembre 2009 à 09h42
  • anel...
    Courage
    Nous soomes avec vous
    Ajouté le 16 septembre 2009 à 09h08
  • gazarelle
    QUAND LES BRETONS S'AFFIRMENT !
    Tout d'abord, un grand bravo pour "les Chaffauteaux" ! pour leur courage, leur détermination, et pour la Solidarité ! Certains se souviennent certainement du "Join français", ils avaient gagné ! alors courage ! Un grand bravo aussi à François Budet que je profite pour saluer ! et puis, il avait prédit " . . . un président à la peau noire un jour à la Maison Blanche. . " et c'est arrivé, alors, à Chaffoteaux aussi ça peut arriver. A galon ewit ar vro !
    Ajouté le 14 septembre 2009 à 09h16
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