28 octobre 2010 - 6 réactions
Où sera installé le siège de la future chambre de commerce régionale, issue de la réforme adoptée en juillet dernier? La logique instaurée par la décentralisation voudrait que ce soit à Rennes. Mais le poids respectif des chambres de commerce et les impératifs de rééquilibrage de la Bretagne plaident nettement en faveur de Brest. À la pointe bretonne, les trois CCI font bloc, pour que les enjeux d'aménagement du territoire l'emportent sur la logique administrative.
La moitié des salariés dans le Finistère
Jacques Kühn, le président de la CCI de Brest, et Franck Bellion, son probable successeur après les élections de décembre, ne tapent pas du poing sur la table. L'expression, parfois galvaudée dans les relations bresto-rennaises, n'est pas de mise tant les deux dirigeants avancent les arguments avec une tranquille assurance. Ils n'ont d'ailleurs pas besoin de creuser beaucoup pour sortir un argument en béton: la CCI de Brest est la plus importante de Bretagne et les trois CCIfinistériennes (Brest, Quimper et Morlaix) pèsent à elles seules autant que toutes les autres CCI de Bretagne, en chiffres d'affaires comme en personnel. Sur les 2.000 salariés actuels des CCI de Bretagne, 1.000 sont Finistériens, situation liée à la taille des aéroports et des ports mais également à une solide filière de formation professionnelle qui pèse 40% de l'ensemble de la formation assurée par les CCI bretonnes. Sur un plan purement comptable, cela se traduirait par moins de trafic de Rennes vers Brest que l'inverse. Pour une fois, le solde migratoire est en faveur de la pointe bretonne...
«Un signe fort»
Dans l'argumentaire qu'ils développent, les dirigeants brestois ne manquent pas, bien sûr, de mettre en avant «le signe fort» que constituerait le choix de Brest «pour une vraie politique d'aménagement et d'équilibre du territoire de la Bretagne. L'occasion est unique de mettre les actes en conformité avec les mots», ont-ils, du reste, écrit au préfet de région. Ce siège n'aurait pas de grande incidence en termes d'emplois immédiats (une quarantaine, guère plus) mais pour les dirigeants de la CCI, il pourrait être l'amorce d'une inversion de logique qui s'est traduite, au cours de ces vingt dernières années, par des transferts importants de Brest vers Rennes, en matière économique, hospitalière ou encore universitaire.
L'avis des huit CCI
Rien dans le décret ministériel, récemment publié, ne concerne la localisation de ce siège régional. Elle sera déterminée à l'issue d'une consultation des huit CCIde Bretagne qui donneront toutes leur avis sur la question. Mais il ne sera que consultatif, la décision appartenant au gouvernement qui tranchera par arrêté ministériel, probablement dans les premiers mois de 2011. L'issue étant entre les mains du pouvoir politique, on comprendrait mal que le conseil régional ne se saisisse pas également de la question. Et qu'il ne donne pas son point de vue par voie de motion ou de simple avis. Jean-Yves Le Drian, tout comme Bernadette Malgorn, ont beaucoup plaidé en faveur du rééquilibrage régional. Ils ont tous deux une occasion unique de passer des paroles aux actes.
Il existe actuellement une petite chambre régionale, émanation des huit CCI. Son budget est de 3millions d'euros. La nouvelle chambre régionale aura un budget de 80millionsd'euros !

25 mai 2012

25 mai 2012 à 07h10