20 octobre 2008
Samedi, à Rennes, se déroulait la remise du 17 e prix « Bulles en fureur » qui récompense deux BD, prix décerné par un jury de jeunes dont certains sont incarcérés.Samedi, dans le cadre de l'opération « Lire en Fête », se déroulait, à Rennes, la remise du 17 e prix « Bulles en fureur », qui récompense des bandes dessinées. Depuis 1992, c'est un jury national, composé en majorité de jeunes de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) venus cette année d'une trentaine de départements, qui décerne ce prix.
Le projet « Bulles en fureur » a été lancé en Bretagne, à l'origine par la PJJ d'Ille-et-Vilaine, à l'initiative de deux hommes : André-Georges Hamon (PJJ 35), décédé depuis, et Alain Noblet, un libraire rennais.
La culture
comme acte éducatif
Ce prix mène de front une démarche culturelle mais aussi socio-éducative en faveur de jeunes défavorisés en difficulté. Depuis son origine, l'idée est de « faire de la culture un acte éducatif, un moyen d'insertion ». « Les jeunes nous expliquent souvent que la lecture, ce n'est pas leur monde. La BD, c'est aussi un levier qui permet une ouverture et de montrer que la lecture, c'est avant tout un plaisir », souligne Delphine Guay, l'une des organisatrices. Pari gagné puisque, cette année, environ 800 jeunes, âgés de 13 à 17 ans, bénéficiant d'une prise en charge de la PJJ, de milieux associatifs ou scolarisés en classes relais, se sont mobilisés pour faire vivre une nouvelle fois Bulles en fureur. Ils ont ainsi dû départager douze BD présélectionnées durant l'année.
Deux prix décernés
Parmi les douze BD en compétition, le jury a décerné deux prix dans deux catégories différentes.
Chez les « préados », la victoire est revenue à Florence Torta et Philippe Cardona pour leur album « Serge le hamster de l'enfer. Tome I : Hamsterminator ». Les « ados » ont eux récompensé Wilfrid Lupano et Virginie Augustin pour l'album « Alim le tanneur. Tome I : Le secret des eaux ».
« Les prix du public font plaisir et celui-ci en particulier, explique Florence Torta. J'ai grandi avec des livres autour de moi mais on est loin d'avoir tous la même chance. Et si, par la BD, on peut amener les jeunes vers d'autres lectures, c'est formidable ». Même satisfaction pour Wilfrid Lupano : « C'est un jury de jeunes lecteurs qui fait, avec l'aide des éducateurs, un vrai travail d'analyse à travers une démarche intellectuelle pertinente. Ils cherchent à exprimer leurs pensées, à argumenter et à confronter leurs idées avec celles des autres ».
Des jurés incarcérés
Dans le jury, trois jeunes âgés de 15 à 17 ans, emprisonnés dans le quartier des mineurs à la maison d'arrêt Jacques-Cartier de Rennes, ont aussi participé à la désignation des lauréats. Comme chaque année, ils se sont aussi chargés de la réalisation des trophées remis aux auteurs qui ont pu les rencontrer en prison.
Une visite qui a touché les trois primés, dont Philippe Cardona : « Ça a été une rencontre forte. Quand on dessine, c'est aussi pour offrir un peu de rêve et de liberté aux gens ». Une expression qui prend ici tout son sens.
21 mai 2012 à 14h20
21 mai 2012 à 09h45 - 9 réaction(s)