23 janvier 2012
> La carte détaillée des revenus dans LE TELEGRAMME [version PDF du 22 janvier]
Le revenu moyen des 1.782.600 ménages bretons qui ont envoyé une déclaration au fisc en 2010 s'est élevé à 22.090 euros. Il reste inférieur à la moyenne nationale de 1.090 euros. Un écart qui s'est réduit d'une centaine d'euros par rapport aux déclarations fiscales de 2009. Mais il faut d'abord observer la faible progression des revenus fiscaux, de 81euros en moyenne sur les déclarations de 2010 par rapport à 2009. Une tendance qui est la même si on prend la période de 2008 à 2010: la progression n'a été que de 621euros. Si on tient compte de l'inflation, c'est de stagnation du revenu dont il faut parler.
Baisse des revenus du patrimoine
Selon les tranches d'imposition, le revenu moyen a évolué de manière différente. Pour les tranches basses, il n'a pratiquement pas bougé entre2008 et2010. 55euros de plus seulement pour les revenus situés entre 11.251 et 13.150euros. Pour la tranche moyenne, qui va de 28.751 à 38.750euros, l'augmentation n'a guère été plus importante: 62euros. La progression du chômage, la stagnation des salaires et le développement du travail à temps partiel expliquent ce constat. Mais la crise a aussi, dans une certaine mesure, frappé les revenus les plus élevés, même si, évidemment, les conséquences pour ceux qui les détiennent ne sont pas du tout les mêmes. Le revenu fiscal moyen de la tranche la plus élevée (plus de 97.500euros) est passé de 192.413euros en 2008 à 178.336euros en 2010. «Une baisse que l'on doit probablement et principalement à celle des revenus du patrimoine qui représentent dans cette tranche une part très importante des revenus», explique Vincent Le Drezet, du Syndicat national unifié des impôts. «Les détenteurs de gros patrimoines font en général le gros dos en période de crise. Ils ne vendent pas. Donc, cela a forcément un effet mécanique sur le revenu fiscal». Par ailleurs, entre2008 et2009, les dividendes versés par les entreprises ont été divisés par deux.
Le bond de Plouezoc'h
Ces évolutions ont quelque peu modifié la carte bretonne des revenus bretons sans toutefois la bouleverser. Trévou-Tréguignec qui caracolait en tête du top 20 en 2010 se retrouve loin dans le classement. Le revenu moyen des habitants de cette petite commune costarmoricaine a chuté de 52.000 à... 24.590euros. Deux explications possibles: les quelques ménages très aisés de la commune ont beaucoup pâti de la dégringolade de la bourse ou/et un gros contribuable s'en est allé. L'autre surprise vient de Plouezoc'h, commune d'un peu plus de 1.600 âmes près de Morlaix. En un an, son revenu fiscal moyen est passé de 32.375euros à près de 41.000euros. Ce qui en fait la commune la plus riche du Finistère devant Bohars et Carantec. Dans les Côtes-d'Armor, c'est Louannec, près de Lannion, qui affiche le revenu le plus élevé (30.946euros), mais loin derrière les premières.
Saint-Grégoire en tête
Au palmarès breton, c'est Saint-Grégoire, commune de la périphérie rennaise, qui prend la première place (41.462euros) devant Plouezoc'h et Noyalo (56), laquelle voit son revenu fiscal moyen progresser de plus de 3.000euros en un an. On observera, mais ce n'est pas une surprise, que les communes les plus riches se situent généralement dans la périphérie des grandes villes ou des villes moyennes et sur le littoral. De ce côté-là, pas de changement, la répartition géographique de la richesse ne bouge pas. Les communes de l'intérieur sont toujours celles qui ont les revenus les plus faibles.
25 mai 2012

25 mai 2012 à 07h10