18 juillet 2008
Comme une bouteille bien remplie qui se vide par son « goulet », les navires de Brest 2008 ont rejoint le « grand sud ». La flotte a viré douarneniste en fin d'après-midi, après une traversée vent portant.Certains, à l'image de Moitessier, ont fait une longue route. Ceux d'hier ont fait tout droit, poussés par le vent et le courant jusqu'à la cité penn sardin. Tout était avec eux, surtout le souffle d'ouest qui a su les mener à bon port. Sur le lougre de pêche hollandais Gallant, on a savouré chaque instant de cette incontournable troménie maritime.
Ça part des quais brestois, deux binious honorent sur le bateau d'à côté ce cinquième millésime des plus réussis. Trois puissants coups de corne du Kruzenshtern pour saluer la prestation brestoise. Puis les marins du Gallant demandent aux passagers de hisser les voiles.
Sur le plus beau théâtre
Dans la bonne humeur générale, la passe sud-est dépassée et le rideau se lève sur les centaines de voiles qui se superposent jusqu'au Toulinguet.
Les voiliers se rapprochent, se rattrapent, dansent parmi les bateaux-spectateurs. Les rochers de la presqu'île rajoutent à la magie.
L'émotion atteint son comble lorsque les bateaux abattent vers Douarnenez.
Décorés de voiles de toutes sortes, les Tas de Pois retrouvent leur meilleur scénario. Une fois contournés les non moins fameux « Petits Pois » pour certains, le moteur est coupé.
Bonheur d'entendre les mâts grincer, de sentir le bateau se balancer et accélérer imperceptiblement alors que la brise se lève peu à peu.
Deux fêtes
indissociables
Vent arrière, les bateaux contournent tranquillement le Cap de la Chèvre. Refus de priorité de la Belle-Poule ! « Pas grave », commente le commandant hollandais, « c'est la Douce France comme on dit ! ». Et un petit coup de Rolling Stones, enceintes sur le pont, pour évacuer la tension. Les passagers qui, bercés par le roulement tranquille de la goélette, s'étaient assoupis au soleil, rouvrent en grand les yeux pour admirer le retour du grand voilier russe passé trop au large. Affalage en douceur mais embouteillage monstre à l'entrée du port. Le Russe doit rentrer le premier, les autres, pourtant bien plus manoeuvrant, sont sommés d'attendre derrière. On s'agace sur la VHF, on demande des explications. Deux heures trente pour s'amarrer enfin. Mais aussitôt à terre, la magie des bassins reprend le dessus.
Le format et l'esthétique d'un Douarnenez immuable s'imposent naturellement. Les restaurants par les ruelles pentues, les coups à offrir, le saumon fumé, la bonne ambiance des terrasses versant directement sur un port plein à craquer. Le côté pile de deux fêtes parfaitement indissociables.
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