7 mars 2008
Seules les graines alimentaires vont être préservées dans l'Arche de Noé de l'Arctique. À Brest, le conservatoire botanique défend la biodiversité depuis 32 ans.
Présentée comme un refuge universel de la diversité végétale, la réserve de l'archipel Svalbard en Norvège n'est qu'une collection de semences alimentaires cultivées par l'homme. Aucune des graines collectées au Conservatoire botanique national de Brest (CBN) ne prendra le chemin des entrepôts de l'Arctique.
Conservées à - 18ºC
Le bateau de l'Arche de Noé voguant sur une mappemonde est le logo du CBN de Brest créé en 1975. Il était alors le premier établissement au monde à se spécialiser dans la conservation des plantes sauvages menacées.
« Notre banque de semences mise en place en 1976 est la cinquième plus importante au monde. Les graines de 1.918 espèces menacées sont conservées à -18ºC. Parmi ces plantes, 337 sont au bord de l'extinction et 69 éteintes dans la nature », explique Stéphane Buord, responsable de l'action internationale au CBN. Ces graines viennent du monde entier, et particulièrement des îles qui abritent souvent des espèces endémiques. Un arbuste de la famille du tournesol, le cylindrocline lorencei va être réintroduit à l'île Maurice grâce aux dernières graines collectées là-bas par les scientifiques brestois. En attendant, le cylindroline prospère dans les serres du Stang Alar ouvertes au public.
Réservoir pour le futur
« Notre initiative et celle de la Norvège sont complémentaires. Il est important de préserver aussi les plantes sauvages pour leur potentiel dans les domaines agronomiques, pharmaceutiques ou horticoles. Ce sera un réservoir pour les générations futures », ajoute Marie-Thérèse Roger, présidente du CBN financé en grande partie par la communauté d'agglomération brestoise.
La richesse de la biodiversité est bien là, mais le conservatoire manque de moyens à la hauteur de ses ambitions. La recherche d'entreprises prêtes à s'investir dans un mécénat a débuté.
Contact : 02.98.41.88.95.