7 juillet 2009
Finalement, les professeurs de philosophie n'auront pas mis leur menace à exécution (Le Télégramme du 4juillet). Vendredi dernier, l'inspecteur d'académie a averti la quarantaine d'enseignants finistériens, du public et du privé, qu'ils s'exposaient à des sanctions pour faute grave s'ils ne remettaient pas les copies comme prévu dans les centres d'examen.
Afin de manifester leur mécontentement, les correcteurs avaient en effet annoncé qu'ils les remettraient à l'inspection d'académie. Hier, ils n'étaient que neuf à être venus symboliquement à l'inspection, à Quimper pour remettre un texte demandant l'anticipation de l'épreuve de philosophie qui, jusqu'en 2005, avait lieu une semaine avant les autres épreuves. Ce qui laissait plus de temps pour la correction. «Cette année, tous les enseignants ont été convoqués pour la correction des copies du bac philo», précise leur porte-parole, David Poulain, également président de l'association des professeurs de philosophie de l'enseignement privé de Bretagne. «Chacun a reçu entre 120 et 150 copies à corriger en six jours, si l'on ne compte pas les week-ends et les jours de réunion. Nous estimons qu'une bonne correction exige de passer une demi-heure sur chaque copie et qu'au-delà de quatre à cinq heures, on corrige mal. À la 12ecopie, on sature. Il faut que l'on nous accorde plus de temps pour la correction. Car ce que nous ne voudrions pas, c'est d'être contraint de réduire le temps de correction à 10 minutes par copie». Cette année, les professeurs ont toutefois assuré être parvenus à corriger les copies «dans le respect du travail des élèves», malgré des conditions plus difficiles. Dans le Morbihan, une douzaine de professeurs de philosophie ont imité leurs collègues finistériens et se sont rendus à l'inspection académique et ont déposé une motion de protestation.
René Gentric, correcteur du baccalauréat, agrégé de philosophie, réagit à la suite de la parution, le 4juillet, de l'article «Les correcteurs de philo rendent leurs copies en colère», déclaration tenue par l'un de ses confrères. Il écrit: «Je rendrai mes copies tranquillement, comme bon nombre de mes collègues et, comme d'habitude, au lycée centre d'examen. Les copies ont été réparties équitablement, 120 ou moins par correcteur dans notre matière, comme promis. Nous avons eu nos deux réunions de concertation et un temps court, certes, mais convenable pour les corriger (douze jours). Ainsi, nous pouvons consacrer 50 ou 60heures à la correction, en moyenne. On peut souhaiter plus, je l'accorde, mais nous avons ou avons souvent eu, au cours d'une année, une charge de correction égale ou supérieure, avec nos cours. Ce dont je suis le plus étonné, c'est que l'on parle au nom de ses collègues, sans réunion ni accord, que l'on juge à leur place. Y aura-t-il beaucoup de collègues à remettre leurs copies à l'inspection d'académie pour protester? Je ne le crois pas. On pourra les compter».
Mûr-de-Bretagne. Collège Paul-Éluard. 41 élèves ont reçu leur DNB
Quintin. Segpa de Saint-Nicolas. Seize élèves diplômés
Landerneau. Saint-Sébastien. Tous reçus, tous diplômés
Saint-Brieuc ville. Léonard-de Vinci. Remise des diplômes du brevet