8 juillet 2009 - 1 réactions
Au lycée Sainte-Anne de Brest, la prof de maths ne tarit pas d'éloges sur le compte de Jean-GaëlVuillermet, bombardé major du bac en Bretagne avec une moyenne frôlant le 20 de la perfection. Elisabeth Simpson est on ne peut plus claire. «Jean-Gaël est un élève brillant et très agréable, doué d'un très bon esprit de synthèse. Je pense avoir eu des élèves aussi doués que lui en maths et en sciences, mais jamais aussi complet en culture générale». Si l'élève a atteint ce sommet, il le doit (un peu) au carton plein obtenu dans les matières optionnelles. Joint du côté des Landes où il coule de paisibles vacances chez ses grands-parents, un peu «coupé» du monde, il explique par a+b que son 20 en latin et son 20 en grec lui ont finalement ajouté «environ un point» de plus à la moyenne finale. Le reste? Tout est groupé entre 16 et 19, sans un trou, même en sport où il affiche un généreux 18. «Je ne suis pas sportif, pas plus que ça», dit-il d'une belle voix grave, sans un début de suspicion de fausse modestie.
Un élément moteur
Inutile de raconter des histoires, pour autant. À l'approche du bac, Jean-Gaël Vuillermet ne vivait pas dans un stress démesuré. «J'étais très confiant. Je ne m'attendais pas au rattrapage». Avec une moyenne annuelle oscillant autour de 19, on peut le comprendre. Il renchérit. «Pour le bac, on ne demande pas de merveilles. Les notes sont juste des chiffres que l'on ajoute pour avoir un examen. Ce n'est pas un concours». Voici pourquoi son statut de major académique lui inspire un «bon voilà quoi», suivi d'un «je ne suis pas un gros bosseur» qui peut laisser perplexe ceux qui se sont battus pour un 10 tout rond. Sa prof de maths corrige toutefois. «Dans la classe, c'était un élément moteur, particulièrement attentif aux autres. Il aidait ceux qui séchaient parfois sur des notions. Il a tiré le groupe vers le haut».
Mais le jeune bachelier, qui n'aura pas les félicitations du jury «parce que je crois que ça a disparu», a maintenant autre chose en tête: d'abord un été à bourlinguer entre les Landes, Brest et Montpellier puis une rentrée à préparer vers Versailles, «en Maths sup à Sainte-Geneviève», «Ginette» pour les rares intimes. «Je me dirige vers des classes scientifiques, on verra pour les concours», dit-il, une pointe de regret dans la voix. Ce qui l'embête, en réalité, est de «passer à côté des matières littéraires, mais c'est comme ça». Il verra plus tard. «Je ne pense pas être ingénieur complètement à fond».
Déroutant classicisme
À l'autre bout de l'ouest de la France, à Brest, sa mère a accueilli la nouvelle avec satisfaction. C'est elle qui a téléphoné les notes à son major de fils. Elle encore qui se dit «très contente pour lui, mais aussi pour son jumeau Melchior qui est aussi bachelier, en ES. Il a eu mention assez bien». Deux bacheliers coup sur coup comme autant de bonnes nouvelles. Dont un qui, en dépit de sa moyenne faramineuse, explique sereinement avoir vécu «une scolarité classique». Enfin presque.
25 mai 2012