Bac. Avec plus de 20 de moyenne! [Video + Diapo]
Le bac littéraire avec plus de 20 de moyenne: c'est «l'exploit» réalisé par deux Brestois de 17 ans. Deux philosophes qui ont forcément beaucoup de recul sur leur incroyable performance.
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Personne n'a fait mieux qu'eux en Bretagne, peut-être même en France. Vincent Perrot et Pierre-Yves Cadalen ont vraiment sorti le grand jeu. Le résultat est là, impressionnant, exceptionnel. Les superlatifs manquent. Le premier affiche un 20,57 de moyenne et le second, un 20,08. Mais comment donc dépasser les 20, aller au-delà de la note parfaite ? «Mathématiquement, c'est possible grâce au latin», expliquent les deux philosophes. Dans cette matière, tous les points au-dessus de dix sont multipliés par trois.
19 et 18 en philo
Des moyennes au-delà du 20, on en avait déjà vu en série S mais en série L, il faudrait voir. Pas certain du tout. Toujours tranquillement assis à une terrasse de café plusieurs heures après les résultats, les deux copains du lycée Sainte-Anne, à Brest, n'ont rien perdu de leur décontraction. Ils savourent. Ils sont contents, très contents même s'ils conservent beaucoup de modestie. «On a la chance d'être dans un lycée bourgeois de centre-ville», reconnaît Pierre-Yves. Ils ont aussi conscience de bénéficier d'un environnement familial favorable: tous les deux ont chacun un frère qui a fait l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, à Paris. «Mes parents ont été un peu étonnés même s'ils s'attendaient à une mention très bien», reconnaît Vincent, qui a décroché un 19 en philo. Un peu mieux que Pierre-Yves qui a dû se contenter d'un 18 et d'un petit 15 en... sport. Pour le reste, tous les deux ont partout entre 18 et 20. Le prof de philo, René Gentric, n'est pas plus surpris que ça des notes de ses deux élèves. «Elles sont conformes à celles que je leur mettais pendant l'année. Ce sont des élèves exceptionnels», dit-il. Exceptionnel, c'est aussi le qualificatif employé par Annick Charpy, la prof d'histoire-géo qui les connaît depuis la sixième. «Ils se sont toujours beaucoup intéressés à l'histoire et à la politique», dit-elle.
Ouverture sur le monde
La série L, ils ne l'ont donc pas choisie par défaut. Tous les deux auraient pu opter pour S mais c'est L qu'ils voulaient faire. «C'est une ouverture sur le monde bien plus grande que celle que l'on a en S», explique Pierre-Yves qui regrette qu'en série scientifique, il y ait un désintérêt généralisé pour l'histoire et la littérature. De la philo, Vincent et Pierre en voudraient partout, surtout en politique pour laquelle ils ont un intérêt très fort. «Il faut de la pensée dans le champ politique, les philosophes doivent revenir», lance Pierre-Yves qui se verrait bien un jour en élu du peuple. En attendant, les deux lauréats vont continuer à apprendre. Possible que tous les deux se retrouvent sur les bancs de Sciences Po à la rentrée prochaine. Sinon ce sera une classe préparatoire dans un grand lycée pour devenir, peut-être, plus tard professeur de... philo. Vincent et Pierre-Yves ne manquent pas de rendre hommage à leurs professeurs: «On a été très bien préparé». «C'est quand même plus facile dans des classes de vingt», ajoute Pierre-Yves. Un compliment que le prof de philo tient à renvoyer à ces deux brillants élèves: «On fait ce que l'on peut mais les résultats leur appartiennent».
Et après?
Ils ont décroché le sésame mais que feront-ils après? La crise, le chômage... ont-ils pesé sur leur choix? «Pour nous, c'est encore loin, on a le temps de voir», disaient, hier, la plupart des reçus du lycée de Kerneuzec, à Quimperlé (29). Lucas, lui, avait raté le bac l'an dernier. Cette fois, c'est bon. Le bac S en poche, il fera les Beaux-Arts à Brest. «Je n'ai pas d'objectif professionnel précis mais j'adore l'art», dit-il. Lucas n'est pas le seul à choisir une orientation un peu décalée. La crise et le manque de débouchés dans le domaine qu'il affectionne ne l'ont pas fait changer d'avis. «Tout ça est encore très loin pour moi. D'ici là, peut-être que la crise sera finie».
«Faire ce qui me plaît»
Faire ce qu'il aime, c'est aussi le choix d'Étienne. Avec son bac S, il va entrer dans une école de photographie, à Paris. «Je ne sais pas si je serai photographe mais je veux faire ce qui me plaît pendant deux ans ». Ne pas trop se spécialiser, ne pas s'engager immédiatement dans une formation trop fermée: curieusement, c'est le choix de beaucoup de bacheliers, en particulier de la filière générale. Le chômage qui touche les jeunes aurait pu faire croire à une autre approche de l'orientation. Lucie, qui vient de décrocher brillamment le bac L avec une mention «très bien», revendique cette liberté. Elle fera hypokhâgne à Nantes mais c'est avant tout pour se garder des portes ouvertes. «Je n'ai pas envie d'une formation fermée, je me laisse une année de réflexion». Un peu différents sont les choix des bacheliers technologiques. Même si tous ne renoncent pas à des études longues, le débouché professionnel est une préoccupation nettement plus affirmée. Titulaire d'un bac STG, Samuel veut travailler rapidement. Il va passer les concours de la police et des douanes. Même souci pour Daisy qui vient également d'obtenir un bac STG. Elle restera à la rentrée prochaine à Kerneuzec pour préparer un BTS «négociations et relations clients». Objectif: travailler dans la banque ou l'assurance. «J'espère que ça sera bon dans deux ou trois ans». Coralie fera, elle, un BTS «vente et production touristique» à Pontivy (56). «Je n'ai pas envie de passer quatre ou cinq ans sur les bancs de la fac», lâche-t-elle, consciente qu'à la fac, l'encadrement n'est pas celui des BTS.
Le Bac en France
642.235. C'est le nombre de candidats au baccalauréat 2010.
14 ans. C'est l'âge de Déesse Dji'Ala, une jeune Camerounaise de Rouen, scolarisée au lycée Camille-Saint-Saëns, et qui est devenue, hier, la plus jeune bachelière de France de la session 2010 en obtenant son baccalauréat S, avec 11,47 de moyenne.
86,2%. C'est le taux de réussite globale 2009 au baccalauréat, dont 88,9% au bac général, 79,8% au bac technologique et 87,3% au bac professionnel. 65,6% d'une génération a le bac, une proportion stable depuis plusieurs années.
50%. C'est le pourcentage, hier, de grévistes chez les informaticiens de l'Éducation nationale, selon le SNPTES-Unsa. Leur mouvement a perturbé la publication des résultats, notamment sur internet.
6 réactions
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geo29
bac2010
aucun article sur la reussite d'une classe de terminale (6s) au lycée Brizeux de quimper 14 ou 15 avec mention TB ,lycée public ,cela est-il une exception ou une volonté de ne pas mettre en valeur le travail d'une equipe de professeurs
Ajouté le 12 juillet 2010 à 11h46
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Cirlou
A douz
Je crains malheureusement qu'ils ne deviennent un jour les technocrates de la pensée officielle des lettres, de l'histoire, de la géographie, de la philosophie. Répéter la leçon du professeur n'a jamais conduit à être autre chose qu'un robot obéissant, et donc qu'à fortifier les qualités indispensables pour être un technocrate zélé de la république égalitaire, voire raboteuse, que nous connaissons...
Ajouté le 9 juillet 2010 à 11h24
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Cirlou
notations...
On croirait que la philosophie est une science exacte, avec une vérité absolue et éternelle démontrée par les "grands" philosophes de l'université classique, et que l'on pourrait donc avoir 18 ou 20 si la réponse de l'élève est conforme à la vérité détenue par le corps enseignant...
Sinon, s'ils s'intéressent à la philosophie de la politique, je suis sûr qu'avec ce qu'il se passe à Neuilly sur Seine en ce moment ils doivent avoir matière à réflexion. Justice et politique, vous avez quatre heures. Si vous répondez que le procureur aux ordres de l'exécutif à toujours raison, et que ses décisions ne sont pas contestables, vous aurez 20 ou 0 ?
Ajouté le 9 juillet 2010 à 11h19
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Kalao
Bravo à Vincent Perrot
Ces résultats sont impressionnants et c'est là que tout commence.
Quel avenir pour ces jeunes? La grande majorité s'oriente vers la philo, l'histoire, l'enseignement, la politique, c'est très bien mais si nous voulons relancer l'économie solidaire, les nouvelles technologies durables, il faut encourager fortement les jeunes qui sont dans des filières technologiques, philosopher c'est bien mais produire autrement pour relancer l'écolonomie est impératif.
Ajouté le 7 juillet 2010 à 12h01
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vivelesvacs
Bravo à eux
Mais heureusement qu'il y a papa et maman pour payer des études dans le privé !!!!
N'est-on pas dans un pays où l'éducation est normalement gratuite ? A quand des classes de 20 élèves dans les lycées publics pour donner la même chance à tout le monde ?
Ajouté le 7 juillet 2010 à 20h44
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douz...
Culture et/ou science ?
Kalao :
La philo , l'histoire , les lettres forment des hommes , qui seront aptes à mener la politique , l'économie ( donc le développement technique ) avec intelligence , ouverture d'esprit , sens du bien général ... en gens cultivés et non en technocrate du profit financier .
Bravo Vincent - et les autres - vos choix d'orientation disent vos qualités .
Ajouté le 7 juillet 2010 à 12h49
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