19 juin 2009
La démocratie, le désir, le langage, l'échange, l'objectivité en Histoire... Les sujets de l'épreuve de philosophie, qui a donné, hier, le coup d'envoi de la session 2009 du bac, étaient plutôt classiques. Impressions à la sortie du lycée Kerneuzec, à Quimperlé (29).
Il est à peine plus de 11h et déjà ils sont quelques-unes à échanger devant le lycée. Pour eux, l'épreuve de philosophie est terminée. Trois heures leur auront suffi pour rendre leur copie. Pour tous, la première réaction est celle du soulagement. Bien contents d'en avoir terminé avec cette épreuve tant redoutée.
«Il y avait tant de choses à dire»
Caroline a le sourire. Candidate en série L, elle a choisi «Le langage trahit-il la pensée?». Un sujet qui, visiblement, l'a inspirée. «Génial, lance-t-elle. Je pense m'être bien débrouillée». Fanny a pris le même sujet parce que «c'était plus facile que le sujet sur l'Histoire». Contente aussi, même si un petit doute s'immisce. «J'ai parlé de la conscience, peut-être que j'ai été un peu loin». Sylvain, lui, a pris le sujet sur l'Histoire («L'objectivité de l'Histoire suppose-t-elle l'impartialité de l'historien?»). Sans hésiter, parce que l'Histoire, c'est son truc. «Il y avait tant de choses à dire». Et qu'a-t-il écrit? «J'ai répondu que l'historien se devait d'être objectif sur les faits mais se devait de prendre position sur le plan moral».
Candidate en S, Cécilia a choisi de répondre à cette question:«Est-il absurde de demander l'impossible?». Sûr que ce sujet aurait bien plu à DanielCohn-Bendit, lui qui, justement, en 1968, demandait l'impossible. «Un sujet intéressant. J'ai répondu oui et non. Oui, parce que demander l'impossible c'est bon et, non, parce que ça peut mener à la souffrance».
«Un beau bazar dans ma tête»
Ce sont des soeurs jumelles. Sabine et Diane, candidates en S, ont, comme par hasard, choisi le même sujet: «Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond?». À les écouter en parler, on en conclut que leurs copies vont beaucoup se ressembler. «Bien sûr qu'il y a des questions auxquelles la science ne répond pas: la religion, les questions existentielles sur l'homme...», expliquent-elles, presque d'une même voix.
Félice semble sur un petit nuage. Candidat en ES, il a choisi de philosopher sur «Le développement technique transforme-t-il l'homme?». «Vaste sujet», observe-t-il en rigolant. «Au début, je me suis dit: ne mélange pas tout. Et au bout d'une page, tout commençait à se confondre. Un beau bazar dans ma tête. Mais au bout du compte, je crois que j'ai fait une copie plutôt sympa. En plus, c'était assez facile de rebondir sur l'actualité.» Il est presque midi. Maximevient rejoindre ses camarades sans vraiment donner l'impression qu'il sort d'une épreuve de quatre heures. Le jeune homme est vraiment décontracté et plutôt satisfait de sa production. Comme, semble-t-il, beaucoup de candidats deS, il a pris le sujet sur l'impossible. En une phrase, il résume sa pensée: «Demander l'impossible, ça permet de travailler sur soi». Maxime mise sur un 15. «C'est ce qu'il a eu toute l'année», fait remarquer une copine, qui le dit encore meilleur en maths. Mais bon, il en convient: «Ça dépend aussi du correcteur». Surtout en philo.
