21 avril 2008
Ils auraient voulu aller vérifier l'état d'un moteur sur un bateau, empruntant une annexe, en pleine nuit. Deux hommes de la région châteaulinoise ont disparu dans l'embouchure de l'Aulne, hier.« Le bateau prend l'eau ». Silence. « Accroche-toi, on y est presque ». Et puis plus rien. Ces paroles d'un Châteaulinois, âgé de 27 ans, et d'un Saint-Ségalais, âgé de 26 ans, furent les dernières à parvenir aux oreilles des deux amis saint-ségalais restés sur la cale de Moulin à Mer, en Argol, près de l'embouchure de l'Aulne. Il était environ 2 h, dans cette nuit de samedi à dimanche.
Une heure et demie plus tard - le temps pour l'un des deux accompagnateurs de couvrir à pied trois kilomètres jusqu'à une ferme et d'appeler les secours - les pompiers de Crozon découvraient une annexe retournée à 80-100 mètres du rivage. A la dérive entre deux voiliers au mouillage.
Sous l'éclairage de Dragon 29 et de la vedette SNSM de Camaret, les pompiers crozonnais ont immédiatement tenté de retrouver les deux occupants. Ni le concours de leurs collègues plongeurs de Douarnenez et de Brest, ni celui des sapeurs du Faou, ni le renfort des gendarmes de la compagnie châteaulinoise et d'un hélicoptère de la Marine nationale n'ont permis d'aboutir.
Comme devaient se révéler vaines les tentatives conjointes des gendarmes des brigades nautiques de Crozon, de Bénodet, de Roscoff, de Nantes et des pompiers plongeurs de Douarnenez et de Brest sous les deux bateaux au mouillage, à l'étal de marée basse du matin. « On n'y voit pas à 50 centimètres là dessous. Ils tâtonneront pendant une heure.
Jusqu'à 4 km en amont
Ensuite, le courant retrouvera une force trop dangereuse pour qu'ils y restent », expliquait un sauveteur à quai.
Ce même courant qui, vers 2 h, atteignait une intensité « capable de transporter un corps à 4 kilomètres en amont. Au-delà du pont de Térénez », affirmait Roger Lars, maire de Landévennec. « Et à l'endroit où ils ont disparu, le fond devait être à 8-10 mètres », ajoutait un secouriste.
D'ailleurs, les investigations fluviales menées le reste de la journée se sont déplacées vers l'amont de l'Aulne tandis que d'autres équipes scrutaient les berges autour de Moulin à Mer.
Sortie mystérieuse
Malgré cela, Xavier Amps et Sébastien Couic restaient introuvables, hier soir. Le premier habite Châteaulin mais a des attaches familiales à Argol. Il vit maritalement et est père de trois jeunes enfants. Le second vit en concubinage et n'a pas d'enfant.
Que faisaient-ils, à 2 h du matin, dans ce lieu isolé, entre rivière et forêt ? La question trottait dans toutes les têtes, hier matin sur la cale, où la voiture de Xavier Amps demeurait en stationnement. « Apparemment, ils faisaient la fête et auraient décidé d'aller vérifier l'état d'un moteur de bateau. Leur appartenait-il ? Je n'en sais rien. En tout cas, on a retrouvé une caisse à outils cabossée sur la grève. Elle serait tombée d'un muret », expliquait le maire d'Argol, Henri Le Pape.
La gendarmerie n'en dira pas davantage. Malgré l'audition des deux témoins, elle souhaite se concentrer sur les recherches avant d'évoquer l'enquête.