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Atlantique. Le bon tour des goélettes [Vidéos]

21 août 2009 - 1 réactions

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Pendant que les trimarans Banque Populaire et Groupama avalaient l'Atlantique en moins de quatre jours, deux goélettes de 1932 bouclaient leur tour commencé il y a quatre mois. La Belle Poule et l'Etoile sont rentrées, hier, à Brest. En pleine forme.

Jamais les deux voiliers école de la Marine n'avaient poussé aussi loin dans le Sud et dans l'Ouest. Habituées aux côtes de la vieille Europe, les goélettes s'étaient déjà frottées aux brumes islandaises mais n'avaient jamais poussé au-delà. En participant à la Tall Ships Atlantic Challenge, réunissant une trentaine de voiliers de toutes tailles et de tous les âges, les deux voiliers de la Marine ont touché les Bermudes, goûté à la moiteur de Charleston, plongé dans les lumières de New York en juillet... En partant d'Halifax, l'Étoile et la Belle Poule se sont offert un retour des plus musclés, en 17 jours, jusqu'à Belfast.

Grands calmes...

Après 10.000 milles nautiques (18.000km), les deux goélettes n'ont pas failli à leur réputation de robustesse. Le commandant de la Belle Poule, Olivier Lebosquain a, une fois de plus, observé «leur magnifique comportement à la mer». «Un jour où nous étions plutôt contents de dévaler entre 10 et 12 noeuds, on a vu quelque-chose arriver sur notre arrière. Il faisait gris, la nuit commençait à tomber. C'était Groupama 3 lancé à plus de 40 noeuds (80km/h). Il nous restait une douzaine de jours de mer. Eux, à peine 36heures pour arriver de l'autre côté!», précise, non sans humour, Patrice L'Hour, le commandant de l'Étoile. Ils n'oublieront justement pas les grands calmes entre Tenerife et Hamilton, aux Bermudes. Une semaine complète sans vent, en pleine course... À peine 16milles nautiques (30km) parcourus le plus mauvais jour... L'accueil aux États-Unis a, une nouvelle fois, offert l'occasion de vérifier la grosse cote des marins français. En dépit des drastiques dispositifs de sécurité «11-Septembre», les goélettes ont pu évoluer à leur guise autour de New York. «On nous a même autorisés à naviguer sur des canaux qu'aucun navire militaire n'avait encore emprunté».

... et coups de tabac

D'autres images resteront solidement accrochées au hunier, notamment lors de la dernière traversée. Un monument que les plus jeunes marins du bord, les élèves officiers et les réservistes embarqués, n'oublieront pas de sitôt! Deux coups de tabac balayant l'Atlantique Nord en dix jours, deux journées avec plus de 50noeuds de vent (100km/h, 62noeuds à l'anémomètre) pour une descente vertigineuse jusqu'à Belfast. Pour ce sprint final, l'Étoile grimpe sur le podium en temps réel et compensé mais la Belle Poule ne termine pas très loin derrière. Une autre fois, l'une des goélettes a fait demi-tour pour franchir la ligne en même temps que sa jumelle, sous l'oeil ébahi des organisateurs anglophones. Au-delà de la course, resteront le périple et l'aventure humaine. Une vie spartiate et plutôt inconfortable sur la durée, à bord de voiliers construits dans la pure tradition des morutiers paimpolais. Combien de fois n'ont-ils pas eu une pensée pour ces pêcheurs qui partaient vers les bancs d'Islande, sabots aux pieds et toile de jute sur le dos?

Le projet d'un grand voilier école

Après quatre mois de mer, le sillage des goélettes a ravivé le projet d'un grand voilier école français, un trois-mâts de 80m de longueur. Du vent pour carburant, une école d'humilité à toute épreuve, une carte diplomatique incomparable et un budget de fonctionnement riquiqui comparé aux autres bâtiments de la Royale: et si cela devenait le grand projet de la Marine après le retrait de la Jeanne d'Arc?

  • Stéphane Jézéquel
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«On a vu quelque chose arriver sur notre arrière. C'était Groupama 3 lancé à plus de 40noeuds»»

  • Le commandant de l'Étoile, Patrice L'Hour.

1 réaction

  • henr...
    Félicitations
    Quel ne fut pas mon plaisir chaque jour de suivre l'aventure des 2 goélettes sur le site de la TSAC. Bravo aux organisateurs et aux marins. Cordialement
    Ajouté le 21 août 2009 à 10h13
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