11 mai 2009
50.000 Bretons souffrent de la maladie d'Alzheimer. Ils seront 10.000 de plus d'ici trois ans. Pour 2009-2013, un «plan» est en préparation (*). Questions au DrPierre Jouanny professeur de gérontologie à la faculté de médecine de Rennes.
Quelle est la première priorité pour l'amélioration de la prise en compte de la maladie?
Plus le diagnostic est précoce, mieux la maladie est prise en compte par le malade qui est conscient de ce qui se passe, et par sa famille qui va pouvoir se préparer à l'accompagner. Certes l'évolution est variable selon les cas, mais elle est moins rapide lorsque le dépistage est effectué dès les premiers symptômes. Trop souvent, il n'intervient qu'à l'occasion d'une hospitalisation d'urgence pour une autre cause, une chute par exemple. Et là, si la maladie est déjà avancée, le patient ne peut plus ressortir.
Que faut-il faire pour favoriser ce dépistage précoce?
Beaucoup de choses ont déjà été mises en place dans la région, notamment les 23 «centres consultation mémoire», dont les deux centres de référence des CHU de Brest et Rennes. Des réseaux gérontologiques s'organisent sur le terrain, pour assurer des consultations à domicile. Il faut poursuivre dans cette voie. Le problème est que beaucoup de médecins ont une conception ancienne et erronée de la maladie d'Alzheimer. Il est vrai qu'elle n'a été intégrée qu'en 2000 dans les enseignements obligatoires des facultés de médecine.
Le dispositif d'accueil en institution pour personnes dépendantes est-il suffisant?
Les listes d'attente s'allongent, même si 1.200 places ont été créées depuis cinq ans. Mais il y a sur ces listes de nombreuses inscriptions de précaution. Beaucoup de familles anticipent le moment où la maladie aura atteint le stade sévère qui rendra l'entrée en institution nécessaire. Cette entrée doit se préparer et ne pas intervenir trop tôt. Au-delà du malade, c'est toute une famille qui a besoin d'aide. Il est important d'accorder un répit aux aidants, par des soins infirmiers à domicile, des services d'accueil de jour en institution ou des hébergements temporaires. Et quand le départ pour l'institution va devenir inéluctable, il faut assurer un soutien psychologique auprès des familles. Elles ne doivent pas affronter seules le sentiment de culpabilité que la plupart vivent très mal à ce moment-là. C'est la mission des psychologues, mais aussi des associations de familles qui accomplissent un travail remarquable d'accompagnement. Contact Association France-Alzheimer Bretagne, France-Armelle Dunay-Dousset, tél.02.97.68.34.60.
Saint-Renan. Santé. Une conférence sur la maladie de Parkinson
Guémené-sur-Scorff. Bistrot mémoire. Des activités pour le malade d'Alzheimer