6 novembre 2009
Jean-Paul Naud, le maire de Notre-Dame-des- Landes, élu en 2008, est un farouche opposant au projet. Il est à l'origine d'un collectif de 480 élus qui doutent de la pertinence du projet. Interview.
Ce projet n'est-il pas une belle opportunité pour vous?
Sûrement pas. Économiquement, il n'est pas viable. Ceux qui le portent estiment que 580MEUR hors taxes suffisent pour le financer. Ça ne tient pas debout. Il faut savoir que la seule extension de Roissy a coûté 850MEUR. L'actualité nous donne raison. Les carottages réalisés récemment démontreraient que le sol est très argileux, et donc instable. Cela nécessiterait d'aménager des pistes plus larges. Pour moi, c'est le premier surcoût d'une longue liste à venir. Autre argument, la commune serait complètement défigurée. L'aéroport engloutirait 900 hectares sur les 3.740 que compte la commune. Et on ne bénéficierait pas de créations d'emplois. On assisterait à un simple transfert de ceux qui existent à Nantes-Atlantique. À Notre-Dame-des-Landes, tout le monde en est persuadé. En 2003, un sondage avait démontré que 77% des 2.000habitants de la commune étaient contre le projet d'aéroport. Aujourd'hui, je pense que nous avons franchi la barre des80%.
Pourquoi avoir créé un collectif d'élus?
Notre-Dame-des-Landes fait partie de la communauté de communes d'Erdre et Gesvres. Cette collectivité s'est clairement positionnée contre le projet d'aéroport. Et nous avons déposé un recours auprès du Conseil d'État comme le conseil général de Vendée l'avait fait avant nous. Le comité d'élus, auquel adhèrent des gens de tout le Grand Ouest, nous permet de consolider nos positions face aux puissantes collectivités(Départements, Région et Nantes Communauté présidée par Jean-MarcAyrault) qui soutiennent le projet. Notre objectif est d'atteindre le millier d'adhérents d'ici à Noël. Toutes les tendances politiques sont représentées. Même l'UMP, qui a mis plus de temps à nous rejoindre.
Que demandez-vous aujourd'hui?
Qu'on arrête tout et qu'on étudie sérieusement l'aménagement d'une seconde piste transversale à Nantes-Atlantique. Solidarité Écologie a fait un travail remarquable sur le sujet en présentant une étude très affinée et bien documentée. Elle démontre que ce projet est viable. Qu'il coûterait moins cher, qu'il permettrait de réduire les nuisances. Mais aussi que le site serait plus accessible en réaménageant l'ancienne voie de chemin qui relie l'aéroport à Nantes.
