2 mai 2008
À Aix-la-Chapelle, hier, les chefs d'État européens, au premier rang desquels Nicolas Sarkozy, ont rendu un vibrant hommage à Angela Merkel.
L'Europe malgré tout
Nicolas Sarkozy a voulu faire preuve d'optimisme. « Angela et moi, on fait un couple harmonieux » a-t-il affirmé en tentant de persuader son auditoire de la « ferveur » de son engagement européen.
Et de distribuer des compliments à toutes les personnalités présentes, même à « Monsieur Merkel » qui s'appelle, en réalité Sauer, Angela Merkel ayant conservé le nom de son premier époux. Ce ne fut pas la seule gaffe de la cérémonie puisque le roi Juan Carlos d'Espagne remercia la « population d'Aix-en-Provence » de sa participation.
Si chacun s'efforça, hier, de faire bonne figure, le réalisme s'imposait dans les esprits. L'Europe, qui a réussi à atteindre ses premiers objectifs, c'est-à-dire des relations apaisées entre ses pays membres, ne parvient pas à aller au-delà pour définir des actions communes vis-à-vis de l'étranger.
« Certes, il existe des communautés de situation comme face à la Russie ou l'immigration mais, même dans ces cas-là, il est difficile d'entreprendre une action commune » explique le député européen Jean-Louis Bourlanges.
Berlusconi moins fervent que Prodi
Et, les récents développements électoraux n'ont rien fait pour améliorer cet état de choses. Silvio Berlusconi est un Européen moins fervent que son prédécesseur, Romano Prodi et, de plus, il a besoin, pour constituer une majorité de la Ligue du Nord dont le dirigeant Umberto Bossi ne cache pas le peu d'appétence que lui inspire l'Union européenne.
L'union des sceptiques
Alors que les sociaux-démocrates ont pratiquement disparu de la scène gouvernementale européenne, les partis conservateurs sont souvent contraints de s'allier à des mouvements populistes anti-européens.
C'est le cas du Danemark, de la Norvège, de la Belgique, de la Slovaquie, hier et peut-être demain de la Pologne tandis que les Tchèques viennent de réélire à leur présidence un anti-Européen convaincu.
Et, dans l'entourage immédiat du président français, Henri Guaino, inspirateur de « Union de la Méditerranée », est connu pour son euroscepticisme.
Alors, le succès de la présidence française de l'UE est loin d'être un acquis.