14 décembre 2008
Les éditions Casterman vont adapter Tintin en québécois. Mais on entend déjà les hauts cris des habitants de la Belle province, très chatouilleux sur la question de la langue.
« Nous comprenons
le français international »
Quoi qu'il en soit, l'annonce d'un Tintin en québécois, effectuée le mois dernier au Salon du livre de Montréal, ne cesse de provoquer l'ire des linguistes et du milieu littéraire local. « Quelle idée stupide... Nous comprenons très bien le français international », tonne ainsi l'éditorialiste du quotidien La Presse, Ariane Krol.
De fait, l'éditeur des collections Hergé chez Casterman, Étienne Pollet, admet dans un autre journal montréalais, Le Devoir, avoir « perçu un problème sociopolitique autour de cette adaptation. Notre but n'est pas de soulever la polémique, mais bien de donner une résonance régionale à Tintin, comme nous l'avons fait déjà ailleurs dans le monde. »
Les Québécois
parlent d'insulte
La question de la langue est taboue au Québec. Les habitants de la Belle province assurent que le québécois n'est ni un dialecte, ni une langue régionale, et ils n'hésitent pas à dire qu'ils parlent le vrai français, contrairement aux « Français de France », qui parleraient un français mâtiné d'anglicismes.
Toujours complexés par leur parler, dont les divergences avec le français dépassent la simple différence d'accent, les Québécois ont choisi l'attaque. « Des centaines de milliers de Québécois ont grandi en lisant les aventures de Tintin dans un français international. Traduire les classiques d'Hergé en "québécois" constitue une insulte pour eux », s'insurge Pierre Cayouette dans la revue L'Actualité.
Et les Belges, qui, contrairement aux Français, sont aimés des Québécois, pourraient bien se voir affublés désormais de l'expression « Maudits Belges » comme c'est le cas pour les « Maudits Français ».
25 mai 2012
25 mai 2012