12 décembre 2007
Les jours se suivent et se ressemblent, en France, pour le colonel Kadhafi. Sa visite officielle sous les ors de la République suscite toujours autant de réactions. Le président libyen a répliqué à son tour, ironiquement, hier, sur la question des droits de l'Homme dont certains le pressent de s'expliquer.
Accueilli par la garde républicaine, le dirigeant libyen, vêtu d'une cape noire, a passé en matinée une heure et quart à l'Hôtel de Lassay, résidence du président de l'Assemblée nationale contiguë au Palais Bourbon. Une réception boudée par bon nombre de députés dont certains de la majorité (lire plus bas).
Et les « droits des immigrés
en France » ?
Durant cette même journée, Mouammar Kadhafi a attisé la controverse en assurant , à l'occasion d'une interview télévisée, qu ' il n ' avait pas parlé des droits de l ' Homme avec Nicolas Sarkozy . Le président de la République française a vait pourtant insisté la veille sur le fait qu ' il avait demandé au dirigeant libyen de « progresser » sur ce dossier. Nicolas Sarkozy a bien « parlé » des droits de l'Homme avec son hôte, lors du dîner officiel, lundi, a immédiatement répliqué Claude Guéant, secrétaire général de la présidence. « J'en ai été témoin », a-t-il dit.
En début de soirée, le président libyen est repassé à l'offensive s'adressant à des membres de la communauté africaine réunis au siège de l'Unesco. Il a directement interpellé la France sur les droits des immigrés. « Avant de parler des droits de l'Homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits », a déclaré Mouammar Kadhafi se demandant si les « injustices » ne permettaient pas d'expliquer les violences dans les banlieues.
Peu avant ces déclarations, les députés français réunis dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale où n'avait pas été convié le président libyen, avaient eu l'occasion de débattre de la présence opportune ou pas de Moammar Kadhafi à Paris. Après avoir quitté l a salle en signe de protestation, le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, s 'était emporté contre Bernard Kouchner, accusé de « tartufferie » .
Kouchner visé par Ayrault
« On ne déroule pas le tapis rouge à un dictateur dans l ' enceinte de la démocratie » , a vait -il tonné, avant que l ' ancien « french doctor » issu de la gauche ne tente de défend r e une « diplomatie de la réconciliation » . Une position que ne partageaient pas certains députés UMP. Lionnel Luca (Alpes-Maritimes) a ainsi refusé d'être « un alibi ». François Goulard a pour sa part estimé que l'« on peut recevoir des chefs d'Etat en France sans les faire passer par l'Hôtel de Lassay ».