17 février 2008
Bientôt deux mois que les poubelles s'accumulent sur les trottoirs de Naples. Les ordures débordent, et avec elles, la patience des habitants.
Le commerce au ralenti
Un maraîcher se plaint. « Je n'arrive plus à vendre mes fruits et légumes, les gens ont peur qu'ils soient contaminés », dit l'homme en ajoutant que ses fournisseurs lui accordent désormais des délais de paiement pouvant aller jusqu'à neuf mois. La crise économique frappe de nombreux commerçants dont le chiffre d'affaires baisse chaque jour un peu plus.
La situation, qui frôle la crise sanitaire, est telle que l'Union européenne vient d'accorder un délai aux Italiens pour régler la question napolitaine qui menace maintenant de s'étendre au Latium, la région de Rome. Si l'affaire n'est pas réglée, le 1 e r mars prochain, la péninsule sera déférée devant la Cour de justice européenne.
Pour éviter le tribunal, le gouvernement de Romano Prodi avait tenté de mettre les bouchées doubles le mois dernier. Le plan mis en place par l'exécutif comprenait l'envoi sur le terrain de soldats pour déblayer les rues et la nomination d'un commissaire extraordinaire chargé d'accélérer l'ouverture de nouvelles décharges et d'un incinérateur.
Une aide allemande
bien coûteuse
Mais la protestation des riverains, qui contestent l'ouverture de décharges et d'un incinérateur menaçant l'environnement, et les coûts liés à la destruction des ordures retardent la résolution du problème.
Six cent mille euros par jour, c'est en effet le prix payé par les Italiens pour acheminer les convois ferroviaires chargés de déchets vers l'Allemagne qui se charge de l'incinération. Face aux récriminations des Italiens qui froncent le nez et parlent de prix excessif, l'Allemagne s'est engagée à baisser le prix à condition qu'un contrat sur quinze ans soit signé. Mieux encore, les Allemands ont proposé de construire un incinérateur spécialement pour les ordures napolitaines.
Pour l'heure, cette proposition n'a pas été acceptée. Mais la position des provinces italiennes, qui refusent catégoriquement de se charger des problèmes de poubelles des Napolitains, pourrait jouer en faveur de la solution allemande.
15 mai 2012 à 15h31 - 6 réaction(s)
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