15 avril 2008
La droite italienne dirigée par le milliardaire
Silvio Berlusconi a largement remporté les élections législatives, en obtenant
la majorité absolue au Sénat et à la Chambre des députés.
Deux ans
de traversée du désert
C'est cet éternel Peter Pan affecté du syndrome de Narcisse qui va reprendre les rênes du pouvoir, après deux ans de traversée du désert. Deux ans durant lesquels il s'est battu contre ses alliés qui s'apprêtaient, il y a trois mois, à se partager sa dépouille car on le disait politiquement mort. Mais avec la chute de Romano Prodi, avec lequel il a engagé une réplique du film « Les duellistes » de Ridley Scott, Silvio Berlusconi a senti l'odeur forte des champs de bataille et s'est engagé dans un nouveau tour de piste.
Pourtant, la force lui a manqué. Le « cavaliere » n'était plus fringant, la fatigue s'est fait sentir. Même si au bout du compte, la victoire lui revient pour la troisième fois depuis son arrivée sur la scène politique italienne, il y a tout juste quinze ans.
En 1993, l'Italie est en crise. Le scandale « mains propres » a laminé la classe politique et le pays. Silvio Berlusconi, qui fait partie des hommes les plus riches d'Italie et figure parmi les vingt plus grosses fortunes mondiales, se présente alors comme le sauveur. En 1994, le « Cavaliere » remporte la course aux élections. Sept mois plus tard, il démissionne après avoir été trahi par son bouillant et brouillon allié Umberto Bossi, fondateur de la Ligue du Nord, un parti xénophobe et populiste. En 1996, il est battu par Romano Prodi.
Régulièrement convoqué
au tribunal
Avec le temps, Silvio Berlusconi fait la paix avec Umberto Bossi et renforce son alliance avec Gianfranco Fini, le patron de l'Alliance nationale. Tout en multipliant les allées et venues dans les salles des tribunaux où il est régulièrement convoqué pour des affaires de corruption.
En 2001, retour aux urnes et nouvelle victoire de Silvio Berlusconi. Forza Italia, le parti fondé en 1993 par Silvio Berlusconi, est bien implanté sur le territoire national et devient la première force politique du pays. Cinq ans plus tard, nouveau duel électoral avec Romano Prodi, qui remporte la course à l'arraché.
Les Italiens fatigués
des fausses promesses
Aujourd'hui, le « Cavaliere » prend sa revanche. Romano Prodi s'est retiré de la scène politique après avoir été trahi en janvier dernier par son ministre de la Justice, Clemente Mastella. Et selon les premiers résultats, ses anciens alliés, comme le démocrate-chrétien Pier-Ferdinando Casini, qui ont fondé un pôle alternatif regroupant les forces du centre, ont réalisé un tout petit score.
Mais le succès que vient de remporter Silvio Berluconi sera-t-il de longue durée ? Economiquement, l'Italie fait de la plongée sous-marine et les Transalpins sont fatigués des fausses promesses. Une affaire à suivre.
15 mai 2012 à 15h31 - 6 réaction(s)
16 mai 2012
15 mai 2012 à 08h48

14 mai 2012 à 14h20