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Grèce. La guérilla urbaine s'installe

12 décembre 2008

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Les manifestants grecs ne semblent pas près de cesser les affrontements avec la police. Beaucoup de jeunes qui ont passé « l'épreuve du feu » de la violence viennent grossir leurs rangs.De notre envoyée spéciale. « Ce n'est pas un mouvement, ce sont des émeutes. » Nikos, 25 ans, militant d'une organisation d'extrême-gauche depuis cinq ans n'en revient toujours pas. « Je n'avais jamais jeté de pierre sur la police avant samedi soir. Depuis, j'en ai lancé des centaines et même plusieurs cocktails Molotov », affirme-t-il, assis sur un banc de sa faculté. Cet étudiant athénien occupe son université depuis lundi. Mais depuis ce week-end, il manifeste tous les jours pour réclamer la « justice pour Alexis », cet adolescent de 15 ans tué par un policier samedi dernier. Comme lui des centaines d'étudiants, de lycéens, mais aussi quelques salariés, chômeurs et migrants affrontent quotidiennement le MAT, les forces anti-émeutes. Hier, plusieurs manifestations spontanées suivies de violentes altercations se sont déroulées dans la ville. Sur le port du Pirée, plusieurs centaines de jeunes, pour la plupart du quartier, ont jeté des pavés sur la police pendant des heures. En milieu de matinée, ce sont des commissariats qui ont été visés.

Les grands partis politiques absents

Toute la journée, des centaines de manifestants se sont relayés pour tenir tête aux policiers devant la prison de Korydallos où le policier responsable de la mort de l'adolescent a été placé en détention provisoire. « Nous sommes très en colère contre les forces de l'ordre, pour la mort d'Alexis mais aussi pour la répression qui existe depuis plusieurs mois. C'est pour cela que les jeunes réagissent plus violemment que jamais », affirme Nikos. Mais pour le militant, il est temps de partir pour la manifestation qui doit quitter le centre d'Athènes vers 18 h. A 19 h, le cortège de plusieurs centaines de personnes n'est toujours pas parti. Déjà, les banderoles des universités, des organisations anarchistes et trotskystes sont déployées. Ni les deux centrales syndicales, ni les grands partis politiques ne se sont joints à la manifestation.

« Nous avons passé le cap de la violence »

Dans le défilé, nous rencontrons Alex, Andreas et Mathieu, élèves du lycée français d'Athènes. Eux-aussi ont jeté des pierres et ont hurlé des slogans. Andreas se défend : « Le MAT nous balance des gaz lacrymogènes sans arrêt. On ne va pas se laisser faire non plus. » Son ami renchérit : « Les flics nous provoquent tout le temps, ils se sont même pointés pour l'enterrement d'Alexis. C'est pour ça que nous et tous les élèves du lycée français, nous avons passé le cap de la violence. » Les affrontements commencent. Des manifestants s'en prennent a des vitrines tandis que les policiers tentent de protéger les banques. Jusqu'à 20 h 15 et la dispersion du cortège à coup de gaz lacrymogènes, les échauffourées se poursuivront. Mais déjà des centaines de jeunes se dirigent vers le quartier de l'université pour une cinquième nuit d'émeutes.

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