14 avril 2008
Le pape arrive demain aux Etats-Unis, où vivent 65 millions de catholiques. Pour son premier voyage en tant que pape en Amérique du Nord, il s'adressera aux Nations Unies et rencontrera George W. Bush.
Rappeler
les fondamentaux
Mais Benoît XVI ne vient pas aux Etats-Unis pour tenir la comparaison. Il vient rappeler à une communauté devenue de plus en plus diverse les fondamentaux. En 50 ans, le nombre de catholiques a doublé aux Etats-Unis. Et si une majorité de catholiques américains sont favorables à ce que des femmes soient ordonnées prêtre ou au mariage en faveur des homosexuels, ils sont devenus, paradoxalement, sur le plan politique, plus conservateurs que par le passé. En 2004, pour la première fois depuis John Kennedy, ils ont voté républicain et participé à la réélection de George Bush.
C'est cette double facette que tentera de comprendre Benoît XVI lors de sa tournée. Sans donner l'impression de favoriser qui que ce soit dans la campagne présidentielle, même si le seul candidat catholique au départ de la course, le républicain Rudolf Giuliani a jeté l'éponge en février dernier. Comme l'explique le théologien conservateur George Waigel, l'un des biographes américains de Jean-Paul II, « le pape vient redire avec clarté quelles sont les grandes positions de l'Eglise, notamment sur le respect de la vie sous tous ses aspects, et si cela ne plaît pas à certains dans les rangs démocrates ou républicains, tant pis pour eux ! »
Irlandais, Italiens
Polonais et « latinos »
Le défi consiste aussi à rassembler tout en respectant les origines de chacun. L'immigration irlandaise, italienne ou polonaise qui a servi de socle à la croissance de l'Eglise catholique américaine est aujourd'hui totalement intégrée. Mais un tiers des pratiquants sont aujourd'hui des latinos en provenance du Mexique et d'Amérique latine. « Ils sont aux marges de la société et nous devons les accueillir pour qu'ils retrouvent à la fois le confort et la dignité qu'ils méritent », commente John Young, le patron de la Commission sur l'Immigration à la Conférence épiscopale.
Difficile donc pour Benoît XVI de ne pas s'exprimer lors de sa visite sur une politique d'immigration de plus en plus restrictive menée par l'administration Bush. Cette première visite pastorale qui se terminera aux Nations Unies, où il sera beaucoup question d'éthique et de morale dans les affaires du monde, s'annonce donc aussi très politique.
15 mai 2012 à 15h31 - 6 réaction(s)
16 mai 2012
15 mai 2012 à 08h48

14 mai 2012 à 14h20