7 décembre 2007
La France veut faire avancer le dossier Betancourt. Nicolas Sarkozy a diffusé, hier, deux messages à l'intention des Farc et des otages. De son côté, en fin de semaine, François Fillon préparera le terrain en rencontrant des chefs d'État d'Amérique du Sud.
Nicolas Sarkozy en a appelé , hier, dans deux messages aux sentiments humanitaires des guérilleros colombiens pour « sauver une femme en danger de mort » , Ingrid Betancourt. À Manuel Marulanda, le chef des Farc, le président Sarkozy « demande solennellement de relâcher Ingrid Betancourt et de ne pas porter sur (sa) conscience le risque que ferait peser sa disparition » .
« Une solution humanitaire
pour les séquestrés »
Lui-même s ' engage à rechercher « une solution humanitaire pour la libération de tous les autres séquestrés » , alors que les Farc demandent la libération de 500 des leurs en échange de 45 otages, dont trois Américains et la Franco-Colombienne.
Aux otages, plus généralement, Nicolas Sarkozy dit la « solidarité de la France » . À sa « compatriote » , il exprime son « admiration » pour son « courage dans une situation où des êtres plus faibles auraient perdu jusqu ' à leur humanité » .
Astrid, soeur d ' Ingrid, a salué un « geste fort, audacieux et empreint d ' humanité » . L'opposition s'est rangée, exceptionnellement, derrière Nicolas Sarkozy. « Il fallait dire à Ingrid Betancourt, et le président de la République l ' a fait, que les Français sont avec elle » , a estimé le numéro un socialiste François Hollande. À Bogota, le gouvernement n ' avait pas commenté dans l ' immédiat les messages français, dont l ' efficacité a cependant été mise en doute par des dirigeants de l ' opposition de gauche. En attendant, Nicolas Sarkozy n ' exclut pas de se rendre sur place , en Colombie , mais réfléchit à « la meilleure stratégie ».
Fillon prépare le terrain
De son côté, François Fillon profitera de son voyage en Argentine, à l'occasion de l'investiture de la présidente Cristina Kirchner, pour apporter sa pierre à l'édifice. Le Premier ministre s'entretiendra notamment lundi avec le chef de l'État colombien Alvaro Uribe.
Il devrait logiquement relayer, encore une fois, le message de Nicolas Sarkozy. En attendant, Matignon manifeste une grande prudence quant au contenu du futur dialogue entre les deux hommes, soulignant le caractère « très évolutif » des tractations sur le sort des séquestrés.
François Fillon doit également rencontrer trois autres dirigeants latino-américains lundi : la Chilienne Michelle Bachelet, le Bolivien Evo Morales, le Brésilien Lula. Tous ces entretiens auront lieu à Buenos Aires. Le Premier ministre passera deux heures avec Lula, à qui Yolanda Pulecio Betancourt, la mère d'Ingrid Betancourt, a également demandé son aide pour la libération de sa fille.
D'autres entretiens bilatéraux pourraient s'ajouter en dernière minute à ce programme, toujours en fonction de « l'évolution » de la situation à Bogota. Enfin, lundi, François Fillon s'entretiendra avec Cristina Kirchner, juste après l'investiture de cette dernière.
