22 septembre 2009 à 17h21 - 2 réactions
Une journée nationale d'actions est organisée aujourd'hui contre le projet de loi transformant la Poste en société par actions à capitaux publics. L'initiative est soutenue par les partis de gauche. La direction de la Poste recense 21,5 % de grévistes ce matin, tandis que les syndicats annoncent de 35 % à 40 %.
A Vannes, quelque 300 personnes se sont rassemblées devant la poste centrale, avant de défiler en centre-ville pour rejoindre la Préfecture.
A Morlaix, on a recensé ce matin une cinquantaine de personnes devant la sous-préfecture.
Pour la direction "Ouest-Bretagne", c'est-à-dire le Finistère et le Morbihan, la direction de La Poste aurait comptabilisé 27,5% de grévistes et 30% dans le Morbihan. Pour les syndicats, on s'approcherait plus des 50%, avec tous les secteurs d'activité touchés et des bureaux fermés.
Une manifestation partira à 14H00 du siège de la Poste, à Montparnasse, et les grévistes parisiens ont décidé lors d'une assemblée générale de se retrouver mercredi devant le bureau de poste de Château Rouge (18e arrondissement), où un grève dure depuis le 7 février.
Les cinq organisateurs (CGT, Sud, CFDT, FO, CFTC) pèsent 94% des voix aux élections professionnelles et jugent que l'Etat peut financer La Poste via des dotations en capital, sans créer une société par action, prélude selon eux à une privatisation. La CGC et l'Unsa-Postes (qui pèsent 6% à eux deux) estiment au contraire que le "changement de statut et augmentation de capital sont une nécessité" pour "affronter la concurrence en position de force", et n'appellent pas à la grève.
Un projet qui "prépare la privatisation"
La Poste subit un repli des volumes de courrier (-3% en 2008 après -1% en 2007) mais reste très rentable avec un bénéfice brut d'exploitation 2008 de 1,85 milliard d'euros, la Banque postale échappant à la crise des "subprime". Ce projet "n'a d'autre objectif que de préparer la privatisation", les "décisions européennes n'exigant en rien ce changement de statut", a fustigé le parti socialiste, l'extrême-gauche traitant même le gouvernement de "menteur". S'il "ne faisait rien La Poste, telle que tous les Français y sont attachés, disparaîtrait" avec l'ouverture à la concurrence en 2011, a au contraire souligné Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP. Le ministre chargé de l'Industrie, Christian Estrosi, s'est déclaré lundi "favorable" à des amendements de l'opposition pour renforcer les garanties d'un maintien du caractère public de La Poste.
Près d'un millier de manifestants à Toulouse
Un millier de manifestants selon les syndicats, 500 selon la police, ont défilé dans le centre de Toulouse derrière une banderole "Contre la privatisation de la poste - Pour le maintien et le développement du service public". Défilant pour la journée nationale de mobilisation contre le projet de réforme du statut de La Poste, à l'appel de la CGT, de la CFDT, de Force Ouvrière et de Sud, les manifestants se sont rendus sur la place de Capitole. "Les propos gouvernementaux niant la privatisation sont de la poudre aux yeux", déclarait notamment dans le cortège Bernard Romeuf, membre du secrétariat départemental des postiers CGT.
La ministre de l'Economie Christine Lagarde a déclaré ce matin sur France Inter qu'il n'est "pas question de privatiser La Poste".
La ministre exclut ainsi que le projet d'ouverture du capital de l'entreprise publique puisse faire l'objet d'un référendum.
"Sur La Poste, il n'est pas question de privatiser. Je crois que les engagements sont très, très clairs", a-t-elle affirmé.
"L'ouverture du capital de La Poste, la modernisation de cette institution pour qu'elle puisse faire face à la concurrence, pour qu'elle puisse investir, pour qu'elle puisse se moderniser, pour qu'elle puisse prendre le tournant de l'électronique en particulier est nécessaire maintenant. Mais il n'est pas question de privatiser. Les acteurs qui vont entrer au capital seront des acteurs publics, notamment la Caisse des dépôts et consignations" (CDC), a préciséla ministre de l'Economie.
"Pas de quoi amener tout le monde aux urnes"
Interrogée sur un éventuel référendum sur la question, elle a répondu: "On ne va pas faire de référendum à longueur de temps".
"Il faut réserver la consultation populaire à de grands, grands moments.Sur La Poste, qu'est-ce qu'on fait ? On renforce l'entreprise en permettant la montée au capital de la CDC, on garantit le service public (...) Franchement, il n'y a pas de quoi amener tout le monde aux urnes", selon Mme Lagarde.
Loudéac. La Poste. Le Comité de défense rencontre le député
Ergué-Gabéric. La Poste. Des cartes postales contre la privatisation
Concarneau. La Poste. Résultats de la votation présentés au député