3 décembre 2008
L'extension du travail dominical sera débattue à l'Assemblée, le 11 décembre. Un texte qui continue de soulever les passions.Le gouvernement persiste et signe sur le travail le dimanche. La proposition de loi UMP sur l'extension des ouvertures dominicales des magasins sera examinée à partir du 11 décembre par les députés. Le débat sur ce texte très contesté, y compris dans la majorité, est prévu pour se poursuivre jusqu'au 17 décembre.
« Question de société »
La proposition de loi, déposée par le député UMP des Bouches-du-Rhône, Richard Mallié, autorise, sous certaines conditions, l'ouverture des magasins, le dimanche, dans les zones touristiques et les agglomérations de plus d'un million d'habitants (Paris, Lyon, Marseille, Lille). Les opposants au projet ont obtenu la réaffirmation du principe du repos dominical et l'interdiction de l'ouverture, le dimanche après-midi, des grandes surfaces alimentaires. Reste toutefois le cas litigieux de Lyon.
Mais les adversaires du travail dominical ne semblent pas vouloir désarmer si facilement. « Nous n'avons encore rien acté », a prévenu, hier, le député costarmoricain Marc Le Fur, un des initiateurs de la fronde de parlementaires de la majorité. Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a lui-même reconnu, hier, avoir « mal mesuré » l'ampleur des divergences sur cette « question de société ».
Car, l'assouplissement de la législation est combattu par les syndicats, qui ont multiplié ces derniers mois les recours en justice contre les centres commerciaux ouverts le dimanche. La grande distribution, aussi, se montre attentive. Par la voix de Jérôme Bédier, président de la Fédération du commerce et de la distribution, elle dit ne pas vouloir « de solution discriminatoire ». De son côté, le directeur général d'Auchan France, Philippe Baroukh, ne souhaite pas l'extension du travail dominical « à tous les dimanches » et il a appelé le législateur à être « cohérent ».
Inquiétude toujours chez la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), qui a de nouveau dénoncé un texte « dangereux ».
Le PS dans la bataille
En tout cas, le PS a promis de livrer bataille contre ce texte maintenu « malgré son impopularité », a lancé le patron des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault. Une allusion à un sondage Ipsos publié lundi, selon lequel une très large majorité de Français (84 %) se disent attachés au repos du dimanche. 64 % ne seraient pas d'accord pour travailler régulièrement ce jour-là.
« Avoir un moment sans consommation, c'est ça aussi vivre en société », a également défendu la nouvelle Première secrétaire du PS, Martine Aubry. Un argument pas très éloigné de celui du primat des Gaules, le cardinal Philippe Barbarin, qui a exhorté dans Le Monde : « Ne sacrifions pas le dimanche simplement pour gagner plus. »
« L a famille
elle s ' organise ... »
Ce dossier promet donc des joutes qui pourraient être exacerbées par les propos tenus, hier, par l a secrétaire d ' Etat à la Famille, Nadine Morano, selon laquelle le travail le dimanche ne poserait aucun problème , car « on a beaucoup de vacances dans notre pays ». « L a famille, elle s ' organise ... » , a-t-elle ajouté sur Canal +.
