19 août 2007
Selon son avocat M e Jérôme Pianezza, Francis Evrard, 61 ans, détenait une plaquette de Viagra entamée lorsqu'il a été arrêté, mercredi soir à Roubaix, avec l'enfant.
Une enquête est en cours pour déterminer si ce médicament contre l'impuissance masculine lui a été prescrit par un médecin de l'établissement pénitentiaire de Caen, où il était détenu ou dans le cadre de son suivi judiciaire, comme le pédophile l'a affirmé en garde à vue.
Ecoeurement de la famille
La famille d'Enis, le garçon de cinq ans enlevé mercredi après-midi, est « profondément écoeurée et consternée qu'il puisse avoir été prescrit du Viagra à quelqu'un de ce profil », a déclaré son avocat, M e Emmanuel Riglaire, en assurant que l'ordonnance a été délivrée en détention.
« On a l ' impression que cette personne n ' a finalement été qu ' enfermée pendant 18 ans » et que « quand elle sort (...) on lui donne les armes pour recommencer » , a dénoncé M e Riglaire.
Mis en examen, vendredi, pour « enlèvement et séquestration, viols et agressions sexuelles en récidive », le pédophile n'aurait cependant vraisemblablement pas utilisé de Viagra quand il était avec Enis, qu'il a drogué avec des somnifères, selon l'avocat.
Le parquet de Lille s'est refusé à tout commentaire sur la question du Viagra, tandis que le directeur du centre de détention de Caen était « injoignable ».
Le D r Edouard Herszkowicz, directeur du service d'addictologie à l'hôpital de Grasse (Alpes-Maritimes), s'est dit de son côté « surpris que l'on prescrive du Viagra à quelqu'un chez qui se pose plutôt l'éventualité d'un traitement hormonal de castration chimique ».
« C'est comme si on faisait tout et son contraire », a ajouté ce spécialiste du suivi des délinquants sexuels, en précisant « qu'à (sa) connaissance, il n'y a pas de prescription de Viagra en prison ».
Un traitement hormonal interrompu
Libéré le 2 juillet, Francis Evrard, condamné en 1975, 1985 et 1989 pour des attentats à la pudeur et des viols sur mineurs, devait être soumis à un traitement hormonal à compter du 24 août.
Un traitement auquel il s'était déjà soumis en 2000, « manifestement en espérant obtenir ainsi une libération conditionnelle », et qu'il avait « immédiatement interrompu » quand il se l'était vu refuser, selon le parquet.
« Il y a des questions à se poser sur ce qui s'est passé depuis sa sortie. Est-ce que l'on est allé aussi rapidement que l'on pouvait sur la prise en charge concrète de soins avec cet homme ? », s'est interrogé son avocat, M e Pianezza.
16 mai 2012 à 11h28
16 mai 2012 à 11h02 - 3 réaction(s)