15 décembre 2008
Dans un rapport qui sera présenté jeudi, le conseil d'orientation des retraites (COR) propose de réduire de deux à un an la majoration des annuités offerte aux mères de famille pour le calcul de leur retraite.
Le document porte sur les « droits familiaux », c'est-à-dire les avantages liés au fait d'avoir élevé des enfants ou d'avoir une famille nombreuse. Ces droits sont plus élevés pour les femmes, afin de tenir compte des carrières souvent morcelées et des salaires moindres, mais des pères commencent à demander que soit rétablie « l'égalité », avançant l'évolution du travail des femmes et du partage des tâches. Ainsi, la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) a demandé au gouvernement d'accorder aux pères la même majoration qu'aux mères, de deux ans par enfant. Mais, dans cette version provisoire du rapport que révèle La Tribune, le COR suggère de « transformer à terme une partie de la majoration de durée d'assurance en une majoration de montant de pension, toujours réservée aux femmes ».
La majoration de durée d'assurance pourrait être portée à un an par enfant, accordée au titre de l'accouchement ou d'une interruption courte d'activité, ce qui éviterait le recours au droit par les pères, au nom de l'égalité. En contrepartie de la perte d'un an de cotisations, les mères obtiendraient une majoration de pension, de 100 à 500 euros par enfant.
Colère des associations
Ce projet a d'ores et déjà suscité un flot de réactions. Pour l ' association « Sauvegarde retraite » , c ' est « un marché de dupe s , la perte d ' un acquis et une nouvelle attaque contre les retraites » .
François Fondard, président de l ' Union nationale des associations familiales (Unaf), a rappelé , hier : « L es deux années par enfant de majoration sont essentielles en matière de revalorisation des retraites des femmes, qui sont inférieures de 40 % à celles des hommes, surtout parce qu ' elles ont arrêté de travailler » .
Tout récemment, la remise en cause par le Sénat de la demi-part fiscale accordée aux parents ayant élevé seul s un enfant, le plus souvent des femmes, a également suscité la colère des associations.