14 mai 2008
Revers cinglant pour Sarkozy et sa majorité, hier, à l'Assemblée nationale avec le rejet inattendu du texte sur les OGM sur un point de procédure, avec une seule voix
d'écart.
Coup de théâtre, hier, à l'Assemblée. Le feuilleton parlementaire sur les organismes génétiquement modifiés a connu un nouvel épisode rocambolesque dans l'après-midi au Palais Bourbon. La gauche, minoritaire dans l'hémicycle, a réussi à faire voter une motion de procédure contre le texte. Défendue par le député communiste André Chassaigne, la question préalable, qui signifie qu'il n'y a pas lieu de débattre, a été adoptée par 136 voix contre 135 lors d'un scrutin public.
Pas assez de députés UMP
La motion a été votée en raison d'une présence insuffisante des députés UMP dans l'hémicycle et de l'abstention de deux membres de la majorité, François Vannson (UMP) et François Rochebloine (NC). Sur les 316 membres du groupe UMP, seulement 130 étaient présents au moment du vote. Les 136 députés socialistes, communistes et Verts présents ont voté la question préalable sous le regard de José Bové, qui suivait le débat depuis la tribune du public.
La gauche, qui n'en croyait pas ses yeux, a salué d'une explosion de joie cet événement rarissime (lire ci-dessous) - la dernière motion de procédure de l'opposition adoptée remontait au 9 octobre 1998 et au débat sur le Pacte civil de solidarité (Pacs).
« Le gouvernement a été battu clairement, sèchement, sur un sujet qui préoccupe les Français. Quand on veut mépriser l'opposition, on finit par le payer, c'est ce qui vient de se passer », s'est réjoui le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault.
« Prix de son obstination »
« Aujourd'hui, la majorité paie très cher le prix de son obstination », a renchéri le député Vert Noël Mamère. « Cette majorité va être obligée de revoir sa copie, arrêter des procédures d'urgence et des discussions escamotées, revenir avec un texte qui respecte les engagements du Grenelle de l'environnement ».
Mais le gouvernement s'est empressé de doucher ces espoirs. Le Premier ministre a ainsi annoncé la convocation aujourd'hui d'une commission mixte paritaire Assemblée-Sénat pour établir la version définitive du texte.
N ouveau gros couac
dans la majorité
En tout cas, l e rejet, momentané, du projet de loi sur les OGM constitue, après toute une série de couacs, un nouveau coup dur pour la majorité et met en difficulté le président du groupe UMP , à l ' Assemblée , Jean-François Copé, qui est déjà critiqué jusqu ' à l ' Elysée. En effet, s itôt le texte rejeté, la chasse au coupable a commencé et de nombreux regards se tournaient vers Jean-François Copé , accusé de ne pas mobiliser suffisamment ses troupes.