8 mars 2008
D'ici au 1 e r juin, les confiseries destinées aux enfants seront retirées des caisses des grandes surfaces E. Leclerc. « Notre façon à nous de lutter contre l'obésité infantile », dit Michel-Edouard Leclerc.Pour lutter contre l'obésité infantile, Roselyne Bachelot avait déjà souhaité la suppression des publicités alimentaires à la télévision pendant les émissions pour enfant. En début de semaine, elle s'est adressée aux distributeurs pour qu'ils retirent les confiseries devant les caisses.
Cinq millions d'euros
de déficit
Les enseignes E. Leclerc prennent de l'avance en décidant d'enlever progressivement de leurs caisses, d'ici le 1 e r juin, treize articles destinés aux enfants, notamment ceux des marques Ferrero, Haribo, Kinder... Des bonbons « plutôt adultes » seront, en revanche, maintenus.
« Nous ne voulons pas pénaliser les industriels, les produits retirés seront réintégrés dans d'autres linéaires, explique Michel-Edouard Leclerc. Devant les caisses, les ventes sont importantes, elles représentent 20 % de notre activité dans ce secteur, nous voulons influer sur les comportements ». D'autres produits, comme des fruits secs, pourraient remplacer les sucreries.
Le patron des centres E. Leclerc évalue la perte financière autour de cinq millions d'euros par an. « Par contre, nous allons gagner en image ». Des opérations pédagogiques et de communication vont être lancées pour « donner un coup de pouce à la prévention ».
« Gadget »
Pour Jérôme Bédier, le président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), l'initiative lancée par Michel-Edouard Leclerc relève plutôt du gadget. « Je ne pense pas que les enfants mangeront moins de bonbons à cause de ce transfert des caisses vers les linéaires, estime-t-il. Nous préférons faire de l'information objective et claire pour que les familles puissent prendre leurs responsabilités ».
Il rappelle que la FCD a déjà beaucoup travaillé avec les confiseurs sur l'obésité infantile et que près de 85 % des produits vendus devant les caisses sont sans sucre.