25 février 2008
A Bordeaux qui rosit, Alain Juppé devra défendre son mandat de maire face au socialiste Alain Rousset, dopé par la victoire du PS aux législatives.L'ex-Premier ministre Alain Juppé (UMP) joue sa survie politique à Bordeaux et devra défendre son mandat de maire face à Alain Rousset, président du conseil régional qui, dopé par la victoire du PS aux législatives, tentera de faire basculer la capitale d'Aquitaine.
« Je sens un mouvement qui fait penser que l'alternance est possible à Bordeaux », assure Alain Rousset, déterminé à mettre « un brin de folie » dans le coeur de l'élégante capitale viticole dont les façades ont retrouvé blondeur et éclat sous le mandat d'Alain Juppé.
A gauche comme à droite, renouvellement, rajeunissement, diversité et ouverture sont à l'ordre du jour pour séduire un électorat qui a évolué. Selon Alain Juppé, la ville compte en effet 15.000 nouveaux habitants, depuis sa première élection comme maire de Bordeaux, en 1995. Il avait alors succédé à Jacques Chaban-Delmas régulièrement réélu depuis 1947.
Elu dès le premier tour
En octobre 2006, lors d'une élection municipale anticipée, Alain Juppé avait été porté aux commandes de la ville par 56,24 % des voix, dès le premier tour. Il avait alors face à lui le conseiller général PS Jacques Respaud (25,20 %), la liste des Verts menée par Pierre Hurmic ayant recueilli 10,30 %.
La ville a rosi
Alain Juppé était revenu à Bordeaux en conquérant, après un an passé à Montréal, à la suite de sa condamnation, en 2004, dans l'affaire des emplois fictifs du RPR à la mairie de Paris.
Mais l'élan de cette réinstallation a été freiné dès la présidentielle de mai, quand Bordeaux a donné sa préférence à la candidate socialiste Ségolène Royal (52,44 %). Aux législatives, l'électorat bordelais a confirmé son penchant en infligeant une retentissante défaite au maire, battu par la socialiste Michèle Delaunay, et contraint de ce fait d'abandonner son portefeuille de ministre de l'Ecologie.
Ralliement du MoDem
Le « climat » est « extrêmement propice » pour la gauche, souligne volontiers le chef de file des Verts, Pierre Hurmic, qui s'est rangé dès la première heure derrière la candidature d'Alain Rousset, député depuis 2007, et ancré à Pessac, dans la banlieue bordelaise, dont il fut le maire de 1989 à 2001.
« Il faut sortir de notre donjon vert pour jouer avec Alain Rousset cette possible alternance », assène Pierre Hurmic.
A droite, Alain Juppé semble pouvoir compter sur le ralliement du MoDem. Début décembre, dans la presse locale, Véronique Fayet, ex-UDF devenue MoDem, a annoncé sa volonté de repartir sur la liste du maire sortant. Au premier tour de la présidentielle, François Bayrou avait recueilli 22 % des suffrages à Bordeaux contre 18,57 % au niveau national. Selon un dernier sondage, la liste d'Alain Juppé serait élue dès le premier tour. Il s'est engagé auprès des électeurs à être un « maire à plein temps » et à n'exercer « aucun autre mandat », s'il était élu.
