4 juin 2008
L ' affaire de l ' annulation du mariage de Lille a déclenché hier une véritable tempête à l ' Assemblée , quand Rachida Dati, sous pression, a vivement attaqué la gauche .
Mise en difficulté par ses atermoiements sur le mariage annulé de Lille, Rachida Dati a accusé hier les socialistes d'être responsables de cette affaire.
Interrogée par la socialiste Martine Martinel sur ses premières déclarations, la garde des Sceaux a persisté. « Oui je le redis, cette décision de Justice a protégé cette jeune femme », a-t-elle affirmé provoquant une première vague d'indignation.
S'écartant alors de l'affaire stricto sensu, elle a martelé : « Votre politique d'intégration a été un échec. Vous avez abandonné un nombre de jeunes filles dans les quartiers difficiles entre les mains des grands frères. » Quelques « démission ! » ont fusé. La réponse était visiblement très préparée : Rachida Dati lisait un papier.
L'incident a révélé au grand jour les difficultés actuelles de la garde des Sceaux. Celle qui appartenait à la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy semble aujourd'hui en disgrâce.
Le parquet fait appel
Rachida Dati a par ailleurs annoncé que le parquet de Lille avait interjeté appel, hier, de l'annulation du mariage.
Une décision dénoncée par le député UMP Lionel Luca qui estime que si « le parquet obtient gain de cause, on aboutira à un mariage maintenu contre la volonté des époux. On va donc aboutir à l'inverse de ce qui est l'un de fondements de la République : la liberté individuelle ».
L'ex-épouse
« se sent mal »
Hier, l'avocat de l'ex-épouse a expliqué que sa cliente « se sentait très, très mal ». La jeune femme, une étudiante d'une vingtaine d'années, n'est « pas d'accord » avec l'appel. « Je n'ai pas à être victime du système politique. Je comprends la polémique mais elle absorbe ma vie », a-t-elle déclaré, selon son avocat.
Le mariage avec un musulman, comme elle, avait eu lieu en 2006. Selon M e Mauger, quand son mari a dit vouloir engager une procédure d'annulation, elle avait d'abord résisté avant de céder devant la crainte d ' une longue procédure. Ce « n'était pas un acte de soumission mais de libération ».
Au sujet de l'appel, il a estimé qu'une « infirmation du jugement serait pour sa cliente un désastre ». « Il aurait été plus serein de poser le débat et de s'acheminer vers une modification de l'article 180, en indiquant que la notion de non-virginité ne pourrait pas être invoquée en tant que qualité essentielle permettant d'annuler un mariage. Et là tout serait réglé », a-t-il conclu.