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France

Laïcité. Nicolas Sarkozy persiste et signe

18 janvier 2008

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Nicolas Sarkozy a développé, hier, lors de ses voeux aux autorités religieuses sa conception d'une laïcité ouverte après la polémique provoquée par ses récents discours de Rome et Riyad.

« Le président a réaffirmé son attachement au principe de la laïcité, qui est un principe de respect de toutes les croyances et non un combat contre les religions », a rapporté le porte-parole de l'Elysée David Martinon dans une déclaration à la presse à l'issue de la cérémonie des voeux du président aux autorités religieuses. « La reconnaissance du sentiment religieux comme une expression de la liberté de conscience et (...) comme un fait de civilisation font partie, au même titre que la reconnaissance de l'héritage des Lumières, de notre pacte républicain et de notre identité », a ajouté le porte-parole. Les représentants des six principales religions pratiquées en France, catholique, protestante, orthodoxe, musulmane, juive et, grande première, bouddhiste, ont salué la nouvelle vision de la laïcité développée par le chef de l'Etat. « Pour moi, la laïcité c'est le respect des croyances et des libertés de tous, c'est une ouverture qui est positive en ce sens », a déclaré le cardinal André Vingt-Trois. Pour le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, la vision globale de Nicolas Sarkozy « inclut la religion dans ce qu'elle a de tolérant ». Dans la matinée, le président s'était déjà défendu de remettre en cause la laïcité. « Je sais qu'on m'accuse beaucoup de trop m'intéresser à la religion, mais je pense qu'on peut respecter ceux qui veulent aller à la messe et ouvrir les bibliothèques le dimanche . Ce n'est pas absolument contradictoire. Je ne mets pas en cela gravement en cause la laïcité ».

Les religions associées au débat public

Si les religieux n'ont pas pris part au débat, les sociologues, oui. Jean Bauberot, titulaire de la chaire « histoire et sociologie de la laïcité » à l ' Ecole pratique des Hautes études, déclare : « En tant que croyant, je crains qu ' à force d ' insister sur les racines et l ' Histoire (en oubliant que la modernité en France s ' est historiquement construite contre la religion), on n ' en vienne à confiner le christianisme dans le passé » . Jean-Marie Donegani, directeur d ' études à Sciences Po, rappelle que « m ême si la séparation est toujours en vigueur, les religions sont officiellement associées au débat public en France » .

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