21 janvier 2008
Ils veulent dénoncer un « impôt sur la maladie ». Au risque de mettre leur vie en danger. Au moins quatre malades chroniques sont en grève de leur traitement depuis la mise en place des franchises médicales début janvier.
Bruno-Pascal Chevalier avait appelé à ne pas suivre son mouvement. Pourtant depuis que ce malade du sida s'est mis en grève des soins pour dénoncer les franchises médicales, au moins trois autres malades l'ont rejoint.
« Ils auront des morts
sur leur conscience »
Si elles ne soutiennent pas leur action, les associations de patients disent comprendre ces malades. « Ce sont des gens paupérisés qui ont du mal à trouver un emploi. Lorsqu'on a pour seul revenu l'allocation adulte handicapé, 100 euros de plus (*), c'est beaucoup », expliquait ainsi Régis Volle, président de Fédération nationale des insuffisants rénaux, au Figaro.
Et les associations de renvoyer la balle au gouvernement. Ainsi après avoir appris qu'un diabétique avait arrêté ses piqûres d'insuline, le président de l'association des diabétiques, Gérard Raymond, a demandé « à ceux qui ont très généreusement mis en place les franchises de prendre leurs responsabilités ». « Si demain, ils ont des morts sur la conscience, ils les auront, mais pas nous. Et on saura le dire », a-t-il affirmé.
Roselyne Bachelot a réagi vendredi. Elle a demandé à ces patients de cesser ces « grèves des soins », les accusant de vouloir instrumentaliser le débat. Ils « décident de porter le débat face à une décision du peuple français à travers le vote de son Parlement souverain », a déclaré la ministre de la Santé après avoir rencontré Bruno-Pascal Chevalier.
Réponse de Chevalier
à Sarkozy
Mardi déjà, Nicolas Sarkozy l'avait invité à reprendre son traitement dans une lettre qui justifiait les franchises qui « sont l'expression à la fois de notre responsabilité et de notre solidarité ». Et hier, Bruno-Pascal Chevalier lui a répondu. « Pensez-vous, monsieur le Président, qu ' en parlant de " responsabilisation des malades " , vous encouragez à la solidarité ? », s'interroge-t-il. « Estimez-vous, monsieur le Président, qu'une personne malade, atteinte de diabète, de sclérose en plaques, du sida, d'un cancer, ou même d'une allergie, d'une grippe, d'une des nombreuses affections virales saisonnières, nécessite d'être "responsabilisée" », poursuit-il. Et Bruno-Pascal Chevalier d'épingler le président « qui lui avait précisé que les mutuelles pouvaient rembourser ces franchises ». « Or, la loi prévoit très clairement que les franchises médicales sont à la charge du patient », affirme-t-il. Déclarations confirmées par Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité.
* Depuis le 1 e r janvier, les assurés sociaux paient 50 centimes par boîte de médicament et par acte paramédical, et deux euros par transport sanitaire. Ces franchises, plafonnées à 50 euros par an, s'ajoutent au forfait d'un euro sur chaque consultation, dont le plafond est aussi de 50 euros par an.
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