4 janvier 2009
Je voudrais, ici, proclamer ma totale adhésion au Fonacon (Front d'opposition à la nouvelle année). Avec courage et détermination, comme on dit à la CGT, ses militants sont venus de 49 départements et ont tenté de faire barrage à 2009. Hélas, feu de joie d'horloges comtoises, défilé aux flambeaux, cendres jetées à la mer, rien n'y fit, les douze coups sonnèrent et nous changeâmes de cuvée. Tout de même, c'était courageux, il fallait le tenter, il fallait oser, il fallait défier l'impossible. Les conjurés se sont d'ailleurs donné rendez-vous l'année prochaine, mais à New York. J'y serai. Car le foie gras cuvée 2008 avait un goût spécial. Un goût d'avant la chose, un goût de dernière fois, un goût de profitons-en-tant-qu'il-y-en-a-encore, un goût d'on-ne-sait-pas-où-on-va-mais-on-y-va, un goût d'ultime voeu du condamné à l'heure du grand saut, l'héroïque goût d'en rire sans savoir exactement de quoi. En ce début d'année, notre position est assez comparable à celle du patient dans le fauteuil du dentiste à l'instant où ce dernier met en branle la roulette. On ne sent rien, et pourtant on se crispe dans l'expectative. On sait que ça va faire mal, et tout le corps s'y prépare en se raidissant. On a presque hâte d'y être pour de bon, d'affronter la douleur inéluctable. Bien sûr, le dentiste n'est pas méchant homme. Il est même habile, compétent, entouré d'experts. Il procédera par étapes, par petites touches. À chaque fois, il répétera : « Là, voilà, le plus dur est fait, détendez-vous, c'est presque fini... ». On les connaît les ruses du dentiste, les paroles enveloppantes, les anesthésies qui vous donnent la gueule de bois. N'empêche, c'est un mauvais moment à passer. Je l'ai regardé, le dentiste, à la télé. Il disait tout le contraire de l'année précédente. Mais positif, très positif. Il disait qu'il avait sauvé le monde, l'Europe, la France, et donc qu'il finirait par me sauver en personne. Il ne parlait plus de travailler plus pour gagner plus, il parlait seulement de travailler plus. Il avait l'air résolu et satisfait, comme un honnête dentiste avant d'opérer. Moi, 2009, franchement, je ne la sens pas. Puisque nous avons échoué à rester en 2008, peut-être pourrions-nous tenter autre chose : passer direct à 2010. Voire à 2011, tant qu'on y est. Encore que 2011, c'est la veille de 2012, une année d'élections, ça amène toujours du désordre. Non, 2013 sera un grand cru, le cru de la vraie reprise. Si on avançait nos montres ?

16 mai 2012 à 17h22 - 14 réaction(s)
16 mai 2012 à 11h28
16 mai 2012 à 11h02 - 3 réaction(s)