12 septembre 2007
Prélevées sur un embryon de 5,5 à 7,5 jours (stade de blastocyste), les cellules souches sont dites embryonnaires : elles sont capables de proliférer indéfiniment comme si elles étaient immortelles, et de se spécialiser (différencier) pour devenir n'importe quel type de cellules de l'organisme (peau, nerf, muscle, coeur...), explique Marc Peschanski, qui dirige l'Institut des cellules souches pour le traitement et l'étude des maladies monogéniques (I-Stem).
Une descendance
de milliards de cellules
A partir d'une unique cellule souche embryonnaire on peut créer une lignée, c'est-à-dire une descendance, de millions, voire de milliards de cellules ayant le même patrimoine génétique. Les cellules souches dites « adultes » - que l'on trouve chez l'embryon d'un mois, le foetus ou l'adulte - sont déjà plus spécialisées : elles ne peuvent donner naissance qu'à quelques types de cellules et arrêtent de proliférer en vieillissant.
I-Stem avait été créé, à l'essai, dès janvier 2005. L'Inserm, l'AFM, l'université et le génopole d'Evry en sont les « partenaires fondateurs ». Ayant fait ses preuves, le laboratoire emploie maintenant une soixantaine de personnes.
En juin, l'équipe de Michel Pucéat a montré que les cellules souches embryonnaires humaines sont bien capables de se transformer en cellules musculaires cardiaques susceptibles de réparer un coeur endommagé après un infarctus.
Comment soigner
Il faut, explique le Pr Peschanski, chercheur à l'Inserm, identifier et utiliser les « signaux » appropriés pour, étape par étape, orienter les cellules souches indifférenciées vers le destin souhaité : muscle, neurone, coeur...
Grâce à des lignées de cellules souches provenant d'embryons issus d'une fécondation in vitro, dépistés porteurs d'une maladie génétique (Huntington, Steinert...), l'objectif est aussi d'observer l'évolution de ces pathologies au niveau cellulaire. Avec l'espoir de découvrir comment soigner.
Un robot automatisé à haut débit, encore en phase de tests, doit à l'avenir « cribler » (tester) de potentielles molécules thérapeutiques sur des cellules cultivées dans plusieurs dizaines de milliers de « puits » ou alvéoles.
A l ' occasion d e l ' inauguration d e cet un institut , l a ministre de la Recherche , Valérie Pécresse , a invit é, hier, à une réflexion éthique en France sur la création d ' embryons hybrides homme-animal, en « principe » autorisée en Grande-bretagne.
La législation française actuelle n ' autorisant pas le clonage thérapeutique, la création d ' embryons, en remplaçant l ' ADN du noyau d ' un ovule d ' animal par l ' ADN d ' une cellule humaine, est exclue.

16 mai 2012 à 17h22 - 14 réaction(s)
16 mai 2012 à 11h28
16 mai 2012 à 11h02 - 3 réaction(s)