7 octobre 2008
Malgré les annonces et les déclarations de l'ensemble des pays de l'Union européenne, les marchés boursiers sont restés sourds aux appels au calme. Les bourses européennes ont accusé une chute record de plus de 9 %.
Rien n'y fait. L'ensemble des pays de l'Union européenne ont beau multiplier les messages et renforcer les garanties pour protéger l'épargne des particuliers et la stabilité du système financier, les bourses européennes sont prises de panique. La journée d'hier semblait obéir à la lettre à ce scénario semble-t-il inéluctable.
« C'est la panique générale, résumait hier Adrian van Tiggelen, stratège principal chez ING Investment. « Tout le monde espérait, après l'adoption du plan Paulson aux Etats-Unis, et les opérations de sauvetage en Europe, que les choses se calmeraient. Mais en réalité, il y a toujours des craintes d'effet domino », a-t-il expliqué. Paris a ainsi connu la plus forte baisse depuis la création de l'indice CAC 40 avec un recul de 9,04 %. Londres a chuté de 7,85 %, Francfort de 7,07 %, Zurich de 6,12 %.
Pire, l'indice RTS de la Bourse de Moscou a clôturé sur une baisse record de 19 %, soit sa plus forte chute sur une séance.
Même, l'euro, au plus haut depuis des mois, a essuyé la tempête. La monnaie européenne est passée sous la barre des 1,35 dollar, à 1,3469.
Garanties renforcées
Pourtant, les Etats européens ont répété qu'ils garantiront désormais en totalité la sécurité de l'épargne de leurs citoyens. Les gouvernements français, belge, allemand, grec et italien ont d'ores et déjà promis de protéger les dépôts de leurs ressortissants dès le premier euro.
Nicolas Sarkozy a ainsi affirmé qu'il n'accepterait pas « qu'un seul déposant perde un seul euro » en raison d'une faillite bancaire, tout comme les Premiers ministres grec et italien.
D'autres pays ont augmenté le plafond de garantie de leurs dépôts. Il a ainsi doublé en Suède, à 51.110 euros par personne, et au Royaume-Uni, il a été porté de 35.000 à 50.000 livres (63.000 euros).
En Espagne, jusque-là épargnée par les défaillances, José Luis Rodriguez Zapatero, a annoncé un rélèvement immédiat du plafond des garanties.
L'Irlande est allée plus loin en s'engageant à rembourser pendant deux ans toutes les sommes déposées au sein des établissements financiers, et notamment l'épargne des particuliers, au cas où elles viendraient à faire faillite.
« Politique préventive »
Quant à l'Islande, le Premier ministre Geir Haarde promet des mesures encore plus radicales. Dans un discours télévisé à la nation, il a annoncé que son gouvernement allait prendre le contrôle de toutes les banques du pays.
« Toutes ces mesures sont préventives et visent à éviter une ruée au guichet », explique l'économiste Gunther Capelle-Blancard, professeur à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne.
La grande crainte est celle d'une répétition de la crise de 1929 quand les déposants s'étaient précipités pour retirer leurs économies de leurs comptes bancaires et avaient ainsi provoqué des faillites en chaîne dans le secteur
bancaire. D'où la création des fonds de dépôt. Créé en 1999, le fonds français de garantie des dépôts est doté de 1,7 milliard d'euros. Il protège les économies des épargnants dans la limite de 70.000 euros.
Crise de confiance
Pour Gunther Capelle-Blancard, cette garantie des dépôts est d'abord destinée à ne pas servir. Comme nombre d'économistes, il ne croit pas à une fuite des dépôts. « La contagion de la crise passe plutôt par les marchés financiers », estime-t-il. Des marchés qui sont paradoxalement rendus plus inquiets par les annonces des gouvernements, car ces dernières « indiquent qu'un nouveau palier a été franchi dans la crise de confiance », note Pascal Decque, analyste chez Natixis.
