12 septembre 2008
Le pape Benoît XVI entame aujourd'hui son premier voyage apostolique en France, une visite de trois jours pour un souverain pontife moins charismatique que son prédécesseur.Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, le dit bien haut : « Le pape Benoît XVI gagne à être connu ». De fait, trois ans et demi après son élection, le souverain pontife est encore assez mal connu en France.
Différent de Jean Paul II
Certes, il s ' est imposé comme un pédagogue écouté et un théologien rigoureux, défendant un retour aux sources de la foi catholique . Certains même lui reprochent d'être trop proche des intégristes, facilitant la pratique de la messe en latin. Lui s'en défend, expliquant qu'il recherche l'unité de l'Église catholique.
M ais la personnalité , discrète , de Benoît XVI peine encore à faire oublier le charismatique Jean Paul II.
À 81 ans, le Bavarois Joseph Ratzinger a encore du mal à se défaire de son image sévère de gardien du dogme, ayant été durant un quart de siècle à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi au Vatican.
Or, pour le cardinal Vingt-Trois, « sa personnalité se démarque tout à fait de l ' image qu ' on a de lui : c ' est un homme d ' accueil, de dialogue, modeste, qui est très attentif aux autres » .
Le rôle « civilisateur »
de la foi
Ordonné prêtre en 1951, au lendemain d'une guerre durant laquelle il a été incorporé contre sa volonté dans les jeunesses hitlériennes, il a rejoint le Vatican en 1981, quatre ans seulement après avoir été nommé évêque de Munich.
S es homélies savantes et son souci constant d ' exalter le rôle « civilisateur » de la foi catholique et son enracinement en Europe, ont parfois suscité des malentendus. En septembre 2006 , en Allemagne, une allusion à l ' islam au milieu de réflexions sur les rapports entre violence, foi et raison avait provoqué une vague d ' indignation dans le monde musulman.
Francophile et francophone, membre de l ' Académie des sciences morales et politiques depuis 1992, il devrait renouer à Paris avec la controverse intellectuelle en évoquant le thème du rapport de la foi avec la raison, devant le monde de la culture rassemblé au Collège des Bernardins .
