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France

« Alicaments ». Du flou dans les assiettes

1 octobre 2008

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L'UFC-Que choisir a dénoncé hier l'absence de réglementation concernant les « alicaments », combinant les propriétés d'aliment et de médicament.Vertus réelles ou arguments marketing ? L'association de consommateurs l'UFC-Que choisir a dénoncé hier le flou entourant les « alicaments ». Elle a demandé la mise en place de règles obligeant les fabricants à prouver les vertus de certains produits censés faire baisser le cholestérol ou rendre la peau plus douce. L'association de consommateurs a rendu publique une étude qu'elle a menée sur le yaourt « Essensis » de Danone qui promet au consommateur de « nourrir sa peau de l'intérieur ». Menée pendant trois mois sur 100 personnes, cette étude ne révèle pas de supériorité statistiquement significative d'Essensis par rapport à d'autres yaourts, notamment le Velouté (Danone). L'UFC souhaite que l'Afssa (Agence française pour la sécurité sanitaire des aliments) et l'AESA (Agence européenne pour la sécurité des aliments) définissent des règles pour, par exemple, établir le dossier sanitaire remis aux autorités, définir la méthodologie mise en oeuvre lors des recherches, et exige des résultats vérifiables.

Prix élevé pour qualité similaire

Selon le président de l'UFC-Que choisir, Alain Bazot, les alicaments, qui représentent 6 à 8 % des produits alimentaires, permettent surtout aux fabricants, de se distinguer des marques de distributeurs, voire de justifier un prix plus élevé pour une qualité similaire. Le président de l'UFC-Que choisir s'est enfin inquiété de tous les projets en cours, citant les recherches de Danone concernant la maladie d'Alzheimer. Sur son site internet, le fabricant annonce un « premier essai clinique réussi » lors de ses recherches sur une boisson enrichie en nutriments, destinée aux personnes atteintes de cette maladie.

Danone dénonce un amalgame

Patron du service recherche et développement de Danone, Sven Thormahlen a regretté l'amalgame fait entre les alicaments et les recherches pour les malades atteints d'Alzheimer, précisant que cette recherche actuellement menée par Danone concerne des produits de nutrition médicale et non de l'alimentation grand public. Selon Sven Thormahlen, la réglementation pour les allégations de santé existe et elle est très stricte. Enfin, il a réfuté le test de l'UFC-Que choisir sur Essensis, expliquant que l'association de consommateurs avait utilisé des normes de cosmétique, c'est-à-dire mesurant les effets d'un produit sur la surface de la peau, alors que Danone propose d'améliorer « la barrière cutanée par l'intérieur ». Ce qui ne peut pas se mesurer avec la technique retenue par l'UFC-Que choisir, explique Sven Thormahlen.

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