21 décembre 2007
Jean-Paul Bolufer, bras droit de la ministre du Logement, au coeur d'une polémique à propos de l'appartement à « loyer modéré » qu'il occupe, a dû démissionner. Il y aurait près de 200.000 cas semblables au sien en France.
Mis en cause à la suite d'un article du Canard Enchaîné, selon lequel il occupe un appartement municipal au loyer très modéré, dans un somptueux quartier parisien, Jean-Paul Bolufer a abandonné ses fonctions. « Comprenant l'émoi qu'a pu provoquer dans l'opinion et les médias cette situation et malgré les compétences et l'intégrité morale incontestables de M. Bolufer, j'ai accepté sa démission » a précisé dans la matinée hier, la ministre du Logement, Christine Boutin. Dans la foulée, elle a nommé son nouveau directeur de cabinet. Il s'agit d'Alain Lecomte, qui était jusqu'à présent directeur général de la Direction générale de l'urbanisme, de l'habitat et de la construction (DGUHC).
La publication d'une liste
En marge de la réunion du Comité des signataires de l'accord de Nouméa, le Premier ministre François Fillon avait estimé peu avant que cette démission était « une décision qui s'imposait », au motif qu'« il faut toujours mettre ses actes en conformité avec ses paroles ».
Jean-Paul Bolufer a immédiatement contre-attaqué hier, sur France 2. « Je souhaiterais que la chambre régionale des comptes fasse une enquête très rapidement sur les conditions d'attribution et de fixation des loyers dans l'ensemble des parcs privés des collectivités territoriales d'Ile-de-France ».
Il a également demandé au maire socialiste de la capitale, Bertrand Delanoë, de « faire publier par la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) (à qui appartient l'appartement qu'il occupe, ndlr), la liste de l'ensemble des appartements gérés par cette société, de leur superficie, ainsi que de leur localisation et éventuellement de leurs loyers ».
Le président de l ' Union nationale de la propriété immobilière , Jean Perrin, a ironisé hier sur cette situation . « Je ne veux pas qu ' il se sente tout seul (Jean-Paul Bolufer). I ls sont au moins 200.000 dans son cas . » Selon Jean Perrin, qui préside la seule organisation représentant les propriétaires-bailleurs du parc privé, le chiffre de 200.000 foyers qui occupent indûment des logements dans le parc social alors que leurs ressources dépassent les plafonds, « est celui annoncé par l ' Union sociale pour l ' habitat (USH) » , qui regroupe les organismes HLM. « On espère que suite à cette situation, chacun prendra ses responsabilités » , a conclu Jean Perrin.
