11 avril 2008
C'est un observateur tendre et joyeux de la société qui arrive sous la Coupole : Jean-Loup Dabadie y fait entrer la chanson et le cinéma.
L'élection de Jean-Loup Dabadie, scénariste et parolier populaire, donne un peu d'air frais à l'Académie française, qui peinait à se renouveler avec trois « élections blanches », aucun candidat n'étant élu, au cours des six derniers mois.
Celui qui avait obtenu, en 1983, le Grand prix du cinéma de l'Académie « pour l'ensemble de son oeuvre », avait été candidat une première fois sous la Coupole en 1989. Il avait alors recueilli 13 voix. Hier, il a été élu au premier tour de srcutin, avec 14 voix, contre deux à l'essayiste Jean-Pierre Lassalle, sur un total de 25 votants. Les académiciens, qui avaient fermé les portes à Charles Trenet en 1983, ont, cette fois, offert une élection sans bavure à Dabadie et à ses chansons.
De « César et Rosalie »
à « Ma préférence »
Jean-Loup Dabadie, c'est un observateur tendre et joyeux de la société . Cet a rtiste populaire aux multiples talents a écrit en plus de 40 ans quelques - uns des films et des chansons les plus profondément ancrés dans la mémoire des Français.
« César et Rosalie » , « Tous les bateaux, tous les oiseaux » , c ' est lui ! « Les choses de la vie » , « Ma préférence » , « On ira tous au paradis » , c ' est encore lui ! « Auteur musicien » pour le chanteur Julien Clerc, l ' un de ses interprètes préférés, romancier du cinéma, il pratique l ' écriture cousu-main, le rire à la demande, sans rien céder sur la qualité.
Un fou du travail
Jean-Loup Dabadie, dont le père fut aussi parolier, a publié son premier roman, « Les yeux secs » , à 19 ans. Il a début é dans le journalisme et collabor é à la revue « Tel quel » au côté de Philippe Sollers. Le succès est venu avec ses premiers sketches pour Guy Bedos et ses tubes pour Serge Reggiani ( « Le petit garçon » ) ou Michel Polnareff ( « Ring à ding » ).
Depuis, ce fou de travail aux allures de dilettante n ' a guère cessé d ' écrire. Chansons, scénarios ou pièces de théâtre. Au cinéma, son nom est associé aux films estampillés « qualité française » des années 1960 à 1990. Il a pris sa plume pour Claude Sautet, François Truffaut ( « Une belle fille comme moi » ), Jean-Paul Rappeneau ou Philippe de Broca .
Après René Clair
Son univers tendre et joyeux, semé de gags, un brin nostalgique, est dans la lignée de ceux des grands scénaristes dialoguistes du cinéma français. « Le métier de scénariste doit se faire dans une ombre infinie » , aime dire ce discret qui cisèle ses répliques .
Avec Jean-Loup Dabadie, l'Académie renoue, enfin, avec le cinéma, qui n'était pas représenté sous la Coupole depuis la mort de René Clair, en 1981.
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