20 juin 2009
José Manuel Barroso est candidat unique des 27 pour la présidence de la commission européenne. Mais jusqu'àquand? Il pourrait faire les frais du jeu des partis politiques s'il n'est pas rapidement élu.
De notre correspondante à Bruxelles.
Qui donc sera le prochain président de la Commission européenne? «José Manuel Barroso» ont répondu, hier, «à l'unanimité» les chefs d'Etats et de gouvernement européens. Longtemps, le soutien des «chefs» a été une garantie en or massif pour un candidat à la tête de l'exécutif européen. Ce n'est plus le cas. José Manuel Barroso se retrouve, en effet, l'otage des jeux complexes qui se nouent entre partis politiques européens. Pour être reconduit, le président de l'exécutif a besoin du soutien de la majorité des députés européens. La majorité, oui, mais laquelle? Personne n'a aujourd'hui de réponse à cette question. Chez les socialistes, c'est la grande hésitation. Les Français sont farouchement anti-Barroso. Les sociaux-démocrates allemands vivent chez eux une grande coalition alliant centre-gauche et centre-droit, sur laquelle fonctionne également en pratique le Parlement depuis 1979. SPD et CDU se verraient bien continuer sauf que... l'Allemagne a une élection fédérale en septembre. Du coup, la gauche met des distances avec la droite.
Les libéraux divisés
Chez les libéraux, la situation est à peine plus simple. L'actuel président du groupe, le Britannique Graham Watson, voudrait voir émerger «une vraie majorité de centre-droit» qui soutienne Barroso. «Avoir une majorité et une opposition, cela clarifierait la donne politique», explique-t-il. Le libéral belge Guy Verhofstadt, pressenti pour lui succéder, est, lui, un fédéraliste convaincu farouchement hostile à Barroso... dont il convoiterait la place. Les Verts, enfin, qui critiquent le libéralisme du Portugais et son inféodation aux grands pays européens s'activent pour lui bloquer la route. A cela s'ajoute un problème de calendrier: les partisans de Barroso veulent le faire confirmer rapidement, dès le 15juillet. Ses adversaires veulent attendre l'automne et l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne qui exige une majorité plus importante, donc plus difficile à obtenir. Ils comptent, d'ici là, sur l'essoufflement du Portugais et se mettre d'accord sur... un autre candidat.
Une élection retardée?
A la fin du mois, les 736 nouveaux députés européens se retrouveront à Bruxelles pour former leurs groupes politiques. Le 9juillet, les présidents de ces groupes décideront de l'ordre du jour de leur première session. S'ils décidaient d'attendre octobre, cela relancerait, à n'en pas manquer, les spéculations sur l'avenir de José Manuel Barroso.
