15 avril 2009
La tension a baissé d'un cran mais la situation restait très précaire, hier, en Thaïlande, après la délivrance de mandats d'arrêt contre 14 leaders de la protestation dont l'ancien Premier ministre.
Quelque 2.000 manifestants ont abandonné leur campement installé autour du siège du gouvernement à Bangkok, hier, sous la pression des unités combattantes thaïlandaises. Quatre des leaders des protestations ont été interpellés. Au total, ce sont 14 mandats d'arrêt qui ont été délivrés contre des leaders, dont l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, qui vit en exil depuis l'an dernier, après avoir été renversé par l'armée en 2006. Ces mandats d'arrêt ont été délivrés pour troubles à l'ordre public et rassemblement illégal, après deux jours d'émeutes qui ont fait deux morts et plus de 120 blessés à Bangkok. Les chefs des manifestations risquent jusqu'à sept ans de prison.
«Nous n'avons pas atteint notre objectif»
«Ce n'est pas une victoire, ni une défaite pour un groupe particulier», a déclaré le Premier ministre Abhisit Vejjajiva. «Si c'est une victoire, c'est une victoire de la société avec le retour de la paix et de l'ordre». Il a toutefois averti que la menace des «chemises rouges» n'était pas éliminée. «Il y a encore des choses à faire», a-t-il dit. Pour autant, certains manifestants menacent de ne pas abandonner leur combat. «Nous n'avons pas atteint notre objectif de mettre fin au statu quo et de rendre le pouvoir à la majorité du peuple. Nous n'avons pas atteint notre objectif de faire rentrer les militaires dans leurs casernes et d'empêcher l'élite au pouvoir d'intervenir en politique. Tant que cela n'arrivera pas, beaucoup n'abandonneront pas», a souligné un des chefs des manifestants. Le gouvernement a annoncé qu'il ajoutait deux jours supplémentaires aux congés accordés pour le Nouvel an thaïlandais, qui durent normalement trois jours, pour rétablir la sécurité. Malgré les troubles, des milliers de Thaïlandais ont fait la fête pendant la nuit.
