27 mars 2010 - 1 réactions
De notre correspondante à Bruxelles.
Pour maintenir à flot le bateau grec, on savait que Georges Papandréou devait retourner lever de l'argent frais sur les marchés financiers. Mais depuis jeudi, quelque chose a changé : il dispose d'une caution pour faire baisser le prix qui lui sera demandé. Quiconque s'est déjà assis devant le bureau d'un banquier sait à quel point cela peut faire la différence. Quelle différence ? C'est toute la question. La réponse est entre les mains des marchés. Ils ont commencé à baisser la prime de risque demandée à la Grèce. Mais on est encore loin du compte. Si l'on veut éviter qu'elle ne sombre dans le surendettement chronique, il faudrait que la baisse se poursuive encore longtemps - jusqu'à atteindre 4% au lieu de 6,5% actuellement -, estiment des économistes.
Un bras secourable en cas de malaise
Le contrat de caution que la chancelière allemande Angela Merkel a mis au point avec le président Sarkozy et que les autres pays de la zone euro ont signé est d'une rare sévérité. Il traite la Grèce un peu comme un médecin le ferait de la victime d'une addiction. La drogue grecque, c'était l'argent pas cher garanti par d'autres. Ce qui s'est décidé cette semaine, ce n'est pas de lui fournir des doses gratuites. Même pas un traitement de substitution. Juste la promesse de tendre un bras secourable en cas de malaise. L'Allemagne appelle cela l'ultima ratio. Si un jour, dans les mois à venir, la Grèce n'était plus en mesure d'honorer ses échéances ou de payer ses fonctionnaires, elle pourra se tourner vers les autres membres de la Zone et vers le FMI (Fonds monétaire international) pour leur emprunter quelques dizaines de milliards, à un taux inférieur certes au taux actuel mais certainement élevé.
Le prix de la survie de l'euro
Les Seize ont bien dit : « Pas de subvention ». Le sevrage est rude et il va le rester. C'est le prix de la survie de l'euro. Plus que la solution au problème grec, c'est un nouveau contrat et peut-être une nouvelle Europe qui s'est esquissée cette semaine. Pour éviter de devoir secourir à nouveau un membre de la famille, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont fait la promesse d'un « gouvernement économique ». Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, passe à la trappe. La Commission européenne et son président, José Manuel Barroso, sont ravalés au rang de super-gestionnaire. Et c'est un troisième homme sur les épaules duquel repose la réalisation de cette promesse : Herman van Rompuy, le président du Conseil européen. Le nouveau traité européen, dit de Lisbonne, a donné à l'Europe un directoire. Il est composé des chefs d'État et de gouvernement.
25 mai 2012
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