23 septembre 2009 - 2 réactions
Les Etats-Unis étant poliment défiants aux propositions de Nicolas Sarkozy sur la régulation financière, la France fait les yeux doux à la Chine, le nouveau moteur de l'économie mondiale.
Barack Obama ayant décliné, avec la finesse qui le caractérise, la proposition du président français de cogérer le monde, NicolasSarkozy se présentant à cet effet en chef de file des Européens, c'est vers Pékin que Paris tourne désormais ses regards. Finie la brouille qui prévalait lors des Jeux Olympiques, les Français ayant commis le sacrilège de recevoir le dalaï-lama. «La relation est à nouveau sur les rails, nous sommes décidés à la relancer à la vitesse du TGV», selon les propres mots du président chinois, cité lundi soir par l'un des porte-parole de l'Élysée après la rencontre de NicolasSarkozy avec Hu Jintao.
Une seconde visite d'Etat en France de Jintao
Une pléthore de ministres va donc défiler à Pékin dans les prochaines semaines: la responsable de l'Économie, Christine Lagarde, à la fin octobre, le ministre du Développement durable, Jean-Louis Borloo, en novembre, afin de préparer le sommet de Copenhague, puis le Premier ministre, François Fillon, dont le déplacement avant l'été avait été reporté, sans doute à la mi-décembre. Le président français devrait, pour sa part, se rendre à l'Exposition Universelle de Shanghai qui s'ouvrira en juin2010. Quant au numéro un chinois, il a accepté le principe d'une deuxième visite d'État ainsi que l'envoi d'une mission ministérielle d'achats chinois en France.
La bonne volonté chinoise
Nicolas Sarkozy a félicité Hu Jintao pour son plan de relance massif qui a permis à la croissance chinoise de se maintenir à 7% et de substituer l'Empire du milieu aux États-Unis comme locomotive de la croissance mondiale. La délégation française ne tarit pas d'éloges sur la bonne volonté chinoise. En particulier dans le cadre du sommet de Copenhague où Pékin, premier émetteur de gaz à effet de serre, affiche un plan très ambitieux de réduction des émissions, en multipliant les projets de barrage et de développement d'énergie solaire ou éolienne.
D'autres sanctions envisagées contre l'Iran
De même, face au danger de prolifération nucléaire, tant iranien que nord-coréen, les Français créditent les Chinois de vouloir bloquer, au nom de la stabilité, Téhéran dans sa décision de se doter de l'arme nucléaire. À cet égard, la réunion du Conseil de sécurité prévue demain matin sera la première consacrée au nucléaire militaire depuis 1992. Et elle sera, pour la première fois, présidée par un Américain, en l'occurrence Barack Obama. Lequel a demandé qu'on laisse encore un peu de temps aux négociations avec l'Iran qui reprendront à sa demande le 1eroctobre. En revanche, si aucun résultat n'est obtenu d'ici une date butoir, qui pourrait être la fin de l'année mais n'est pas encore fixée, des sanctions plus dures devront être envisagées contre Téhéran, estime-t-on dans l'entourage du président français. «Après un été où tout le monde a vu les manifestants iraniens brutalement réprimés par leur gouvernement et une élection jugée frauduleuse, Barack Obama n'a aucune envie d'être vu à côté de M.Ahmadinejad», écrivait en début de semaine le New York Times.
Les ricanements du camp républicain
Le chef de la Maison Blanche semble beaucoup plus miser sur un rapprochement des positions entre le chef de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, jusqu'à présent inflexible sur les colonies juives. En espérant que Netanyahu, que Nicolas Sarkozy doit également rencontrer, profite de sa venue à New York pour accorder à Obama les concessions qu'il n'a pas faites à l'émissaire américain George Mitchell. C'est que la politique de la main tendue d'Obama suscite bien des ricanements dans le camp républicain qui le trouve trop naïf.
Le sommet de l'Onu sur le climat, censé dynamiser la négociation d'un nouvel accord contre le réchauffement à Copenhague en décembre, a déçu les attentes, hier, faute d'annonces majeures (hormis le pas en avant de la Chine) des principaux pollueurs. Nicolas Sarkozy a proposé que ces derniers se retrouvent pour un sommet «à la mi-novembre», afin de préciser leurs engagements avant le rendez-vous de Copenhague. Le président français a par ailleurs souhaité une «initiative particulière pour l'Afrique».
