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Sénégal. Présidentielle sous haute tension

25 février 2012

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Les Sénégalais sont appelés, demain, à élire un président. La candidature d'AbdoulayeWade, au pouvoir depuis 2000, fait toujours polémique. Entre manifestations et mouvements citoyens, la rue semble redouter l'issue probable du scrutin.



De notre envoyée spéciale à Dakar.
«Ce que je veux? Le départ du Vieux!», comprenez Abdoulaye Wade. Le message de Mustapha Diop, un inspecteur de l'enseignement de 52 ans, est sans appel. Comme de nombreux Dakarois, il participe à l'une des multiples manifestations organisées dans le centre-ville de la capitale sénégalaise. Des rassemblements citoyens qui ont débuté le 23juin 2011, à l'annonce de la troisième candidature du président actuel. Les raisons de la colère? «Abdoulaye Wade avait promis de ne pas se présenter pour un mandat supplémentaire. Or, il est en lice, et a dû modifier la Constitution pour en avoir le droit. C'est un coup de force. Ensuite, il voudrait mettre son fils à sa place», explique le fonctionnaire. Mais, à ses yeux, ça ne «pourra jamais arriver, car les Sénégalais descendront une nouvelle fois dans la rue». Aliou Sané, 29 ans, l'un des fondateurs du mouvement des Y'en a marre, né d'un ras-le-bol des trop fréquentes coupures d'électricité, confirme: «Plus rien ne sera jamais comme avant au Sénégal. Le mouvement de contestation a ouvert la conscience démocratique des Sénégalais». Depuis un an, ce noyau de jeunes, dont les rappeurs du groupe phare Keur Gui, a organisé un réseau de têtes pensantes d'un nouveau Sénégal où toutes les volontés et compétences sont bonnes à prendre.

«Régime corrompu» et pauvreté

À l'instar des Indignés européens, les questions politiques, comme la probable réélection d'Abdoulaye Wade, accusé d'être à la tête d'un régime corrompu et d'avoir échoué dans sa lutte contre la pauvreté au profit de grands travaux d'infrastructure, mais aussi la vie chère ou le chômage des jeunes, ont mobilisé les troupes. Car, si dans les manifestations, on peut rencontrer quelques soutiens au président Wade, venus en curieux, on y recense surtout des mécontents. «Le prix du riz a terriblement augmenté, se plaint un manifestant. Il a pratiquement doublé».Dans un pays où la moitié des habitants vit sous le seuil de pauvreté, l'augmentation des matières premières est perçue comme une tragédie. Dans cette ambiance tendue, le déroulé de la journée de demain divise les Sénégalais: alors que certains pensent que le calme régnera, d'autres estiment qu'il faut s'attendre au décret d'un état d'urgence dans le pays.

  • Delphine Bauer/Youpress
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