9 août 2009
Lectrice à l'université d'Ispahan, Clotilde Reiss, 24 ans, a créé la surprise en apparaissant, hier, sur le banc des accusés au cours d'une audience fermée à la presse étrangère. Tous sont poursuivis devant le Tribunal révolutionnaire pour leur participation aux manifestations qui avaient suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin dernier. «J'ai écrit un rapport d'une page et l'ai remis au patron de l'Institut français de recherche en Iran, qui dépend du service culturel de l'ambassade de France», a notamment déclaré, selon l'agence officielle Irna, Clothilde Reiss, répondant au juge qui lui demandait si elle avait écrit un rapport sur les manifestations à l'université et au bazar d'Ispahan (centre). «Je demande pardon (...) et j'espère que je serai graciée», a-t-elle ajouté. Le procureur du tribunal a affirmé que les accusés avaient «élaboré un plan, pour le compte de l'opposition et de pays étrangers, pour renverser le régime». Une employée du service culturel de l'ambassade de France, Nazak Afshar, arrêtée jeudi selon Irna, a affirmé pendant l'audience que l'ambassade avait demandé à ses employés d'accueillir les manifestants dans ses locaux si cela s'avérait nécessaire. A Paris, son fils, Arash Naimian, a dénoncé des «aveux» forcés, dans une déclaration à l'AFP.
Accusations contre Londres et Washington
Un employé local de l'ambassade britannique, Hossein Rassam, arrêté puis libéré sous caution avec plusieurs de ses collègues, a été, lui, accusé d'«espionnage», selon Irna. Hossein Rassam a affirmé que l'ambassade avait demandé à son personnel local d'être présent aux «émeutes» aux côtés de deux diplomates britanniques, expulsés dès le mois de juin. Le procureur a accusé Londres et Washington d'avoir joué un rôle dans les «émeutes», les plus graves de l'histoire de la Républi
que islamique, au cours desquelles trente personnes ont péri, selon le bilan officiel.
L'Union européenne fait bloc
Londres a qualifié de «provocation» le déroulement d'un tel procès et Paris a demandé la «libération immédiate»de Clotilde Reiss et Nazak Afshar», estimant que les accusations portées contre la première étaient «dénuées de tout fondement» et que les charges pesant sur la seconde étaient «inexistantes». La France s'est notamment élevée contre le fait qu'elle n'avait «pas été informée au préalable, ni autorisée à assister à cette comparution». Pour la présidence suédoise de l'Union européenne, le procès des trois personnes est un acte contre l'ensemble de l'UE qui sera «traité en conséquence». Une centaine d'accusés avaient comparu à l'ouverture du procès le 1er août. La date de la prochaine audience n'a pas été précisée.
23 mai 2012 à 18h15