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Présidence européenne. Le front anti-Blair s'organise

7 octobre 2009

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Tony Blair, ex-Premier ministre du très eurosceptique Royaume-Uni, est donné favori pour devenir président... de l'UE. Plusieurs pays s'organisent pour empêcher ce scénario.

La Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg ont présenté cette semaine une note conjointe définissant le profil, à leurs yeux, du futur président stable du Conseil européen, principale innovation du traité de Lisbonne que viennent de ratifier les Irlandais. Il devra avoir «démontré son engagement européen et (avoir) développé une vision sur l'ensemble des politiques de l'Union», indique le texte. Ce qui exclut, a priori, la candidature de Tony Blair.

Un rival : le Premier ministre néerlandais

L'ex-Premier ministre britannique, soutenu par son gouvernement et jusqu'ici par la France, est pourtant considéré comme le grand favori dans la course à ce poste de président chargé d'incarner l'Europe. Mais il est handicapé par l'ambivalence de son pays à l'égard de la construction européenne : un pied dedans et l'autre dehors, le Royaume-Uni n'appartenant ni à la zone euro, ni à la zone Schengen sans passeport. De la part des pays du Benelux, la mise au point n'est pas innocente. La Belgique n'a jamais digéré l'échec de son ancien chef du gouvernement, Guy Verhofstadt, à la présidence de la Commission européenne en 2004. L'intéressé s'était vu barrer la route au dernier moment par Londres, qui le jugeait trop fédéraliste européen. De même, le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, n'a pas abandonné l'espoir d'accéder lui-même au poste européen suprême, même si ses chances sont jugées minces. A la différence de celles du Premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, rival principal de Tony Blair, et qui, selon certains diplomates, aurait les faveurs de l'Allemagne.

Non soutenu par son propre camp

Le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, a, lui aussi, reconnu hier que Tony Blair souffrait de l'euroscepticisme britannique. Autre handicap, le travailliste Tony Blair n'est pas soutenu par le Parti conservateur britannique, bien placé pour revenir au pouvoir au printemps 2010. Et à l'autre bout de l'échiquier, il n'a pas plus les faveurs de sa propre famille politique européenne, les socialistes, qui le trouvent trop libéral et lui reprochent d'avoir soutenu la guerre en Irak.

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