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Point de vue. Obama : la fin de l'état de grâce

4 octobre 2009 à 09h36 - 1 réactions

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Barack Obama tente de faire accepter au peuple américain sa réforme de l'assurance santé. Au prix d'une contestation très forte dans les rangs républicains... et parfois même au-delà. Le président entre dans le «dur» de son mandat.

Samedi 12 septembre des dizaines de milliers d'Américains se réunissaient à Washington pour défiler sur le Mall, reliant la Maison Blanche au Capitole. Objectif: contester la réforme de santé que Barack Obama, qui a perdu une dizaine de points dans les sondages depuis son élection, s'échine à mettre en oeuvre. A la manoeuvre, des groupes conservateurs et des collectifs anti-impôts. Et les organisateurs de cette guérilla d'accuser de socialisme le nouveau président américain avec son plan de relance de 787milliards de dollars. Du jamais vu dans le camp républicain, habitué à jauger d'un air condescendant les manifs des démocrates contre la guerre du Vietnam, pour la démission de Nixon ou en faveur des droits civiques. Comme si la droite américaine, quelque peu désorientée par l'élection d'Obama, avait décidé de copier les méthodes traditionnelles de la «gauche». 

Réparer «toutes les conneries de Bush»

En panne de leadership, les représentants du Grand Old Party (GOP), à savoir le parti républicain, se laissent d'ailleurs déborder par les extrémistes de leur camp. En particulier le député de Caroline du Sud, Joe Wilson, traitant le Président de «menteur» lors de son discours au Congrès, avant de s'excuser, ou certaines vedettes de télévision tel Glenn Beck, animateur ravageur de Fox News, auquel Time consacrait récemment sa Une avec ce titre «Mad Man» (« L'homme fou»). Brillant avocat noir de Washington, David Mercer cite également le cas de Brit Hume, ce journaliste d'une soixantaine d'années ayant démarré sa carrière avec Walter Cronkite, le célèbre vétéran des année cinquante. «C'est comme s'il avait passé un pacte avec le diable. Ces types sont des convertis, ils passent leur temps à dire qu'ils vont se faire la gauche, ils ne sont pas capables d'avoir un débat civilisé. Les gens oublient qu'Obama n'est en poste que depuis dix mois et ils aimeraient qu'il ait déjà réparé toutes les conneries de Bush», poursuit Mercer. A tel point que l'ancien président Jimmy Carter a parlé de racisme de la part de ceux qui mettent des bâtons dans les roues de Barack Obama. «N'oublions pas qu'il y a 30 ans, Obama aurait été plus en sûreté dans les rues de Téhéran que dans l'Indiana qu'il a gagné et qui était un des foyers du Ku Klux Klan», renchérit l'avocat, en notant la présence du nouveau président dans cet Etat le jour de son élection.

15 % de la population sans couverture sociale 

«Je n'ai pas été choqué par les propos de Jimmy Carter. Barack Obama n'a pas été largement élu. 49% des Américains n'ont pas voté pour lui et ne voulaient pas d'un noir. Il faudra très longtemps avant qu'ils en réélisent un autre»,constate Magalie Laguerre productrice à CBS, elle aussi noire. (lire son portrait ci-dessous). Cette réforme de l'assurance santé était pourtant inscrite dans le programme présidentiel et s'avère nécessaire pour en rationnaliser les coûts. Aujourd'hui 15% de la population n'a aucune couverture médicale quant aux 85% restants, ils se répartissent entre l'aide aux personnes âgées (Medicare) et l'aide aux plus démunis (Medicaid). Mais le système fonctionne mal et aurait besoin d'une sérieuse remise à plat.

Un homme plus dur qu'il n'y paraît

Clinton n'y était pas parvenu, Obama qui a refilé le bébé au Congrès pourrait y parvenir. Toutefois, sa décision de pousser le gouverneur noir de New York, Patterson, à s'effacer au profit d'Andrew Cuomo a déplu. Certes, Patterson ne ferait pas le poids face à l'ancien maire Rudolph Guliani qui pourrait en profiter pour se lancer ensuite dans la course présidentielle. Mais avec ce meurtre du père (car Patterson est noir), les Américains découvrent les cotés politiciens d'un homme plus dur qu'il ne le laisse paraître.

  • Hubert Coudurier

Magalie Laguerre, le professionnalisme CBS

Après un stage sur la chaîne régionale Channel5 puis un passage à NBC, Magalie Laguerre-Wilkinson est productrice à «Sixty minutes». La fameuse émission de CBS a été créée en 1968 par Don Hewitt, une légende du journalisme à l'américaine, mort il y a quelques semaines à l'âge de 86 ans. Elle peut traiter les sujets les plus divers comme un reportage sur le tennisman André Agassi dont la biographie sort en librairie le 9novembre prochain. Ou un zoom sur le patriarche de l'église orthodoxe grecque, qui vit cloitré à Istanbul. Le professionnalisme est incontestable, les moyens consacrés aux sujets qui composent l'émission sont importants. Budget illimité ou presque: seule compte la qualité! Parfois, il y a des accrocs comme à l'occasion de ce portrait de Nicolas Sarkozy peu après son élection, suscité à l'origine par son ex-femme Cécilia. Mais entretemps l'épouse était sortie de la vie du nouveau Président, lequel, furieux d'une question sur cette séparation qu'il refusait d'accepter, se lève durant l'interview. Non sans avoir copieusement engueulé son porte-parole David Martinon, exilé depuis comme consul à Los Angeles. George W. Bush ayant vu l'émission dira même à Martinon lors d'un dîner officiel organisé à la Maison Blanche: «C'est vous le gars de CBS

«Il est presque trop intelligent pour les Etats-Unis»

Mais Magalie, d'origine haitienne et donc francophone - elle a d'ailleurs fait une partie de sa scolarité à l'école des Roches en Normandie - fut aussi choquée par l'attitude des Américains quand Jacques Chirac s'opposait à la guerre en Irak. Ce «french-bashing» si agressif qui se traduisait par des autocollants sur les voitures du type: «First Irak, then France!» («D'abord l'Irak, ensuite la France! »). C'est en Amérique que le père de Magalie, opposant politique, rencontra sa mère qui était la fille de l'ambassadeur d'Haïti. La jeune femme couvrira d'ailleurs à Port-au-Prince le retour du père Aristide remis en selle par les Américains après la dictature des Duvalier. Mais la réforme agraire donnera lieu à des débordements et la maison de son enfance sera brulée. Cette jolie femme de 39 ans, qui incarne la génération Obama, dit de son Président: «C'est quelqu'un que j'admire beaucoup et qui est presque trop intelligent pour les Etats-Unis où on l'accuse d'être élitiste!»

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1 réaction

  • melo87
    Noir c'est noir.
    Belle analyse du chef de l'information,sur Mister O auréolé d'un soleil non pas palissant,mais qui doucement décline forcément ,a l'horizon des USA.
    Et son collègue moins chanceux ,Carter ,le marchand de cacahuètes qui parle bêtement de racisme pour des opposants qui ne sont pas d'accord avec sa politique.Fort heureusement Mister O a de l'humour,en reconnaissant lui-même qu'il était déjà noir avant son élection.Chez nous l'opposition face a un président " de couleur " serait bâillonnée,avec a la clé des centaines de procès pour racisme dés la moindre contradiction politique .Heureusement,aux USA les plaisanteries de Silvio font sourire alors que chez nous elles font plutôt des levés de boucliers médiatiques outragés.
    Mais bon ,la vie passe et la terre tourne immuablement sur l'axe protecteur Américain,et comme chante J.H; "noir c'est noir ,il n'est jamais trop tard...même si le Budget colossale de l'armée n'est pas prêt d'être dispatché entre la Santé,la Pauvreté,la Précarité,etc,etc.
    Il faut bien que les guerres se fassent ,non ?
    Ajouté le 04 octobre 2009 à 11h30
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