4 octobre 2009 à 09h36 - 1 réactions
Barack Obama tente de faire accepter au peuple américain sa réforme de l'assurance santé. Au prix d'une contestation très forte dans les rangs républicains... et parfois même au-delà. Le président entre dans le «dur» de son mandat.
Samedi 12 septembre des dizaines de milliers d'Américains se réunissaient à Washington pour défiler sur le Mall, reliant la Maison Blanche au Capitole. Objectif: contester la réforme de santé que Barack Obama, qui a perdu une dizaine de points dans les sondages depuis son élection, s'échine à mettre en oeuvre. A la manoeuvre, des groupes conservateurs et des collectifs anti-impôts. Et les organisateurs de cette guérilla d'accuser de socialisme le nouveau président américain avec son plan de relance de 787milliards de dollars. Du jamais vu dans le camp républicain, habitué à jauger d'un air condescendant les manifs des démocrates contre la guerre du Vietnam, pour la démission de Nixon ou en faveur des droits civiques. Comme si la droite américaine, quelque peu désorientée par l'élection d'Obama, avait décidé de copier les méthodes traditionnelles de la «gauche».
Clinton n'y était pas parvenu, Obama qui a refilé le bébé au Congrès pourrait y parvenir. Toutefois, sa décision de pousser le gouverneur noir de New York, Patterson, à s'effacer au profit d'Andrew Cuomo a déplu. Certes, Patterson ne ferait pas le poids face à l'ancien maire Rudolph Guliani qui pourrait en profiter pour se lancer ensuite dans la course présidentielle. Mais avec ce meurtre du père (car Patterson est noir), les Américains découvrent les cotés politiciens d'un homme plus dur qu'il ne le laisse paraître.
Après un stage sur la chaîne régionale Channel5 puis un passage à NBC, Magalie Laguerre-Wilkinson est productrice à «Sixty minutes». La fameuse émission de CBS a été créée en 1968 par Don Hewitt, une légende du journalisme à l'américaine, mort il y a quelques semaines à l'âge de 86 ans. Elle peut traiter les sujets les plus divers comme un reportage sur le tennisman André Agassi dont la biographie sort en librairie le 9novembre prochain. Ou un zoom sur le patriarche de l'église orthodoxe grecque, qui vit cloitré à Istanbul. Le professionnalisme est incontestable, les moyens consacrés aux sujets qui composent l'émission sont importants. Budget illimité ou presque: seule compte la qualité! Parfois, il y a des accrocs comme à l'occasion de ce portrait de Nicolas Sarkozy peu après son élection, suscité à l'origine par son ex-femme Cécilia. Mais entretemps l'épouse était sortie de la vie du nouveau Président, lequel, furieux d'une question sur cette séparation qu'il refusait d'accepter, se lève durant l'interview. Non sans avoir copieusement engueulé son porte-parole David Martinon, exilé depuis comme consul à Los Angeles. George W. Bush ayant vu l'émission dira même à Martinon lors d'un dîner officiel organisé à la Maison Blanche: «C'est vous le gars de CBS?»
Mais Magalie, d'origine haitienne et donc francophone - elle a d'ailleurs fait une partie de sa scolarité à l'école des Roches en Normandie - fut aussi choquée par l'attitude des Américains quand Jacques Chirac s'opposait à la guerre en Irak. Ce «french-bashing» si agressif qui se traduisait par des autocollants sur les voitures du type: «First Irak, then France!» («D'abord l'Irak, ensuite la France! »). C'est en Amérique que le père de Magalie, opposant politique, rencontra sa mère qui était la fille de l'ambassadeur d'Haïti. La jeune femme couvrira d'ailleurs à Port-au-Prince le retour du père Aristide remis en selle par les Américains après la dictature des Duvalier. Mais la réforme agraire donnera lieu à des débordements et la maison de son enfance sera brulée. Cette jolie femme de 39 ans, qui incarne la génération Obama, dit de son Président: «C'est quelqu'un que j'admire beaucoup et qui est presque trop intelligent pour les Etats-Unis où on l'accuse d'être élitiste!»
