10 octobre 2009 à 08h47
Des militaires français assurant la protection à bord de bateaux de pêche français dans l'océan Indien ont ouvert le feu ce matin pour repousser une attaque de pirates. Vers 04H00 GMT, des esquifs pirates ont approché les thoniers le Glénan et le Drennec au large de la Somalie. Un navire des gardes-côtes des Seychelles a localisé un bateau mère de prirates.
Un navire des gardes-côtes des Seychelles a localisé "en visuel" et poursuivi à la mi-journée un bateau mère de pirates somaliens responsables d'une attaque le matin même contre deux thoniers français. L'attaque a eu lieu à 4h00 GMT. "Trois petites vedettes d'environ quatre mètres, presque invisibles et que nous avons eu au radar au dernier moment, nous ont poursuivi", a indiqué un marin à bord du Drennec, interrogé au téléphone depuis Nairobi. Les militaires français à bord des deux thoniers "ont d'abord tiré des coups de semonce, puis ils ont tiré au but. Les pirates ont alors laissé tomber et ont fait demi-tour", a expliqué le marin.
Pas de victime côté français
L'incident n'a fait aucune victime du côté français. Il a eu lieu en plein océan Indien, à environ 195 milles nautiques (350 km) au nord de l'archipel des Seychelles, et très loin des côtes somaliennes. Ces informations ont été confirmées par des marins naviguant dans la zone. Les esquifs pirates ayant essuyé les tirs des soldats français ont rejoint un bateau mère d'environ 30 mètres.
Le Glénan et le Drennec pris pour cible non loin d'une précédente attaque
Le Glénan et le Drennec appartiennent tous deux à l'armement de la Compagnie bretonne de pêche (Cobrepêche), basée à Concarneau, en Bretagne. L'attaque de ce samedi contre le Glénan et le Drennec eu lieu à environ 20 milles nautiques (36 km) du lieu d'une précédente attaque de pirates la semaine dernière contre un cargo qui avait essuyé des tirs d'arme automatique. Plusieurs navires de guerre d'"Atalante" s'étaient rendus les jours suivants dans la zone. Mercredi, des pirates somaliens avaient attaqué par méprise dans la nuit le navire de commandement des forces militaires françaises dans l'océan Indien, le pétrolier-ravitailleur La Somme, qui avait fait prisonnier cinq assaillants.
Trois assauts repoussés
A Paris, l'état-major des armées a précisé que les fusiliers marins français avaient repoussé trois assauts. Ils ont d'abord tiré des "artifices éclairants", puis effectué "des tirs d'intimidation en l'air et devant l'étrave des bateaux pirates" et, enfin, alors que les assaillants ouvraient le feu "sans doute à la Kalachnikov", ont tiré sur les esquifs qui ont "immédiatement cessé la poursuite", a indiqué l'amiral Christophe Prazuck.
Christian Ménard à Djibouti pour une rencontre sur la piraterie
Cet acte de piraterie a été perpétré alors que Christian Ménard, député breton auteur d'un rapport sur le sujet, rencontre actuellement les ambassadeurs du comité politique et de sécurité (COPS) de l'Union européenne à Djibouti. Cette visite vise à renforcer l'action européenne contre les pirates, notamment par la formation des soldats somaliens.
Les pêcheurs espagnols réclament des militaires
C'est la première fois que des soldats français, qui assurent depuis le 1er juillet la protection à bord d'une dizaine de thoniers français pêchant au large des côtes somaliennes dans l'océan Indien, ouvrent le feu sur des pirates. "Cela prouve l'efficacité du dispositif", a estimé une source occidentale. Les thoniers espagnols pêchant dans la zone
réclament des militaires espagnols une protection identique à celle de leur collègues français, ce que le gouvernement de Madrid refuse pour le moment.
Un thonier espagnol capturé en octobre
L'un de ces bateaux espagnols, le thonier géant Alakrana avait été capturé le 2 octobre entre la Somalie et les Seychelles, avec 36 marins à son bord. Le navire a depuis été ramené vers la côte par les pirates, et mouille actuellement au large du port de Harardere (centre de la somalie), où il est surveillé à distance par deux frégates qui participent à l'opération européenne antipiraterie "Atalante".
4 navires actuellement détenus par les pirates
Les pirates somaliens détiennent actuellement 4 navires étrangers et 111 marins, selon l'ONG Ecoterra International, qui suit les questions de piraterie dans le Golfe d'Aden et l'océan Indien. Fin avril, au plus fort de leurs attaques, les pirates retenaient jusqu'à une vingtaine de bateaux. Toujours selon Ecoterra, 174 navires ont été pris d'assaut depuis début 2009, dont 49 ont été capturés. Les attaques se sont multipliés depuis la fin de l'été et le retour à une mer calme.
A lire également :
> Pirates maritimes. Christian Ménard à Djibouti
> Somalie. Le navire amiral pris pour cible par des pirates
> Thonier. Une vingtaine de navire dans l'océan indien essentiellement de Concarneau
> Notre dossier : Histoire de la piraterie
> Le Drennec déjà pris pour cible en 2008 : Au lance roquette sur un thonier breton
> Toute l'actualité de la piraterie dans le monde
Le ministre de la Défense Hervé Morin s'est félicité qu'une attaque de deux thoniers français par des pirates dans l'océan Indien ait pu être repoussée "grâce à l'action de la marine nationale" présente à bord. "Des skiffs (petites vedettes, ndlr) qui ont été particulièrement agressifs ont pu être repoussés grâce à l'action de la Marine nationale", a déclaré le ministre de la Défense lors de l'inauguration de la nouvelle Ecole des mousses au Centre d'instruction navale (CIN) de Brest.
