19 septembre 2009
Si l'annonce de l'abandon du bouclier antimissile ne passe pas bien en Pologne et en République tchèque, elle satisfait la Russie. Résultat, l'Otan a sauté sur l'occasion.
Au lendemain de l'abandon par les Etats-Unis - à la grande satisfaction de Moscou - de leur projet de bouclier antimissile stratégique en Europe centrale, c'est une nouvelle ère des relations internationales qui pourrait se dessiner. L'Otan, par la voix de son secrétaire général, a tendu la main la Russie pour renforcer leur partenariat. Son secrétaire général, le Danois Ramussen, a ainsi fait «trois propositions concrètes». La première consisterait à «examiner immédiatement un renforcement de la coopération (Otan-Russie) dans tous les domaines» d'intérêt commun: lutte contre le terrorisme, prolifération des armes de destruction massive et stabilisation de l'Afghanistan. Seconde proposition, destinée à rétablir une confiance ébranlée par des divergences graves sur l'élargissement continu de l'Otan à l'Est, Rasmussen souhaite «revitaliser le Conseil Otan-Russie», l'organe de consultation entre l'Alliance atlantique et Moscou. Enfin, l'ancien Premier ministre libéral danois a offert à Moscou de passer en revue ensemble les «nouveaux défis sécuritaires» du XXIesiècle.
Poutine salue une décision «juste»
Salut une décision «juste et courageuse» des Etats-Unis, Vladimir Poutine a espéré qu'elle en appellerait «d'autres». Washington, en échange de la refonte de son projet de bouclier antimissile, voudrait que Moscou adopte une position plus ferme sur le programme nucléaire iranien, selon le journal russe Kommersant citant une source diplomatique russe. Les Etats-Unis réclameraient également que la Russie renonce à vendre à Téhéran son système de défense antiaérien S-300, qui pourrait être déployé autour des installations nucléaires iraniennes. Hier, Rasmussen a ainsi demandé à la Russie qu'elle se joigne aux Occidentaux pour «exercer un maximum de pression» sur l'Iran, afin que Téhéran abandonne ses «ambitions» nucléaires et balistiques. «Je pense qu'il est possible pour l'Otan et la Russie de prendre un nouveau départ», a résumé vendredi le Danois, même s'il a réaffirmé que l'Otan souhaitait toujours l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie, alors que Moscou y reste radicalement hostile. Il a aussi proposé d'apaiser les «inquiétudes» plus générales de Moscou sur son éventuelle «marginalisation» en Europe, en discutant avec elle de la nouvelle architecture de sécurité euro-atlantique promue par M.Medvedev. L'ambassadeur de Russie à l'Otan, qui assistait à ce premier grand discours de M.Rasmussen depuis son entrée en fonction en août, a qualifié ses offres de «très positives» et «très constructives».
